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Partenariats et stratégie

De nouveaux polymères biosourcés respectueux de l'environnement et de la santé

Deux sociétés internationales et un laboratoire de recherche français ont uni leurs forces pour le développement d’une nouvelle génération de matériaux polyuréthanes respectueux de l’environnement et de la santé. Ces polymères pourraient remplacer les polyurethanes classiques (résultant de ressources fossiles non renouvelable) notamment dans les secteurs de l'automobile et du bâtiment.

Dans le cadre d'une collaboration pérenne et fructueuse entre l’équipe de Luc Avérous de l’Institut de chimie et procédés pour l'énergie, l'environnement et la santé (CNRS/Université de Strasbourg), la société Soprema, leader mondial de l’étanchéité dans le bâtiment, et la société PSA (Peugeot-Citroën-France), de nouveaux polyuréthanes (PUs) sans isocyanate (NIPUs) et biosourcés ont été développés pour des applications durables. Cette recherche s’inscrit notamment dans un projet de la région Alsace et de la communauté urbaine de Strasbourg. Démarré en 2011 et intitulé « PURES», ce projet R&D de 4 ans et reçoit un financement à hauteur de 2 millions d’euros.

Ce développement en partenariat « entreprises-université/CNRS » permet de répondre à deux types d’attentes :

  • L’essor de matériaux polymères "verts" respectueux de l’environnement est une opportunité unique, pour le secteur de la chimie, afin de développer de nouvelles architectures (macro)moléculaires. Le développement de matériaux biosourcés est en effet un des enjeux majeurs de notre époque, en lien avec les évolutions économiques et sociales actuelles et compte-tenu de la difficulté croissante, pour certaines industries, de pérenniser leurs approvisionnements issus de certaines fractions du pétrole.
  • Les isocyanates, éléments de base dans la synthèse des PU, sont toxiques. Certains sont même classés comme cancérigènes. Une exposition répétée peut causer des problèmes respiratoires graves et incurables. Les isocyanates vont très prochainement faire face à une réglementation très restrictive quant à leurs utilisations. C’est la raison pour laquelle de nombreuses sociétés et instituts dans le monde tentent de développer des substituts aux PUs conventionnels, tels que des NIPUs, aux qualités équivalentes.

Ce projet va permettre l’industrialisation prochaine de nouveaux PUs, issus de différents types de biomasses et sans isocyanate, en remplacement des PUs classiques résultant de ressources fossiles non renouvelables, pour les secteurs de l’automobile et du bâtiment. Ces polymères peuvent aussi trouver des applications dans les nombreux autres domaines d’utilisation des PUs, dont la production mondiale globale est actuellement de l’ordre de 15 millions de tonnes.


Contact :
Luc Avérous / Institut de chimie et procédés pour l'énergie, l'environnement et la santé / T. +33 3 68 85 27 84 / luc.averous@unistra.fr