© Hubert RAGUET / C12 Quantum Electronics / LPENS / CNRS Photothèque

Le CNRS se distingue parmi les lauréats de l’appel prématuration-maturation France 2030

CNRS

La Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Sylvie Retailleau, a annoncé les résultats de l’appel à propositions prématuration-maturation France 2030 ce lundi 9 janvier 2023. 10 consortia impliquant le CNRS sont lauréats de l’appel à projets : 4 en position de coordinateur et 6 en tant que partenaire.

Quatre consortia dont le CNRS est coordinateur ont été retenus dans le cadre de l’appel à propositions Prématuration-maturation de France 2030. Il s’agit des  projets portant sur les programmes qui s’inscrivent dans les stratégies nationales d’accélération1  Batteries ; Décarbonation de l’industrie ; Recyclabilité recyclage et réincorporation des matériaux ; et Technologies quantiques.

L’organisme est également partenaire de six consortia lauréats des programmes Prématuration-maturation des stratégies nationales d’accélération Maladies infectieuses émergentes et menaces ; Biothérapies et bio-production des thérapies innovantes ; Santé Numérique ; Produits biosourcés et Carburants Durables ; Hydrogène décarboné ; Industries culturelles et créatives.

L’appel à propositions « maturation-prématuration » - lancé dans le cadre du plan d’investissement France 20302  en décembre 2021 – soutient le cycle de l’innovation dans les stratégies nationales d’accélération. Celles-ci visent à consolider des pans technologiques de secteurs stratégiques comme les technologies quantiques, les batteries, la décarbonation de l’industrie ou encore l’hydrogène décarboné. Dans ce cadre, l'État va allouer 275M€ à 17 consortiums lauréats de l'appel a annoncé la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ce lundi 9 janvier lors d'un déplacement. 

« Les programmes de prématuration-maturation France 2030 visent à intensifier et renforcer la capacité d’accompagnement des projets d’innovation à fort potentiel dans toutes leurs étapes de développement technologique. Ils permettent d’accélérer le transfert de ces projets vers le monde socio-économique, dans le cadre des stratégies nationales d’accélération », rapporte Jean-Luc Moullet, directeur général délégué à l’innovation au CNRS. « Prématuration et maturation des projets issus des laboratoires publics de recherche sont les deux éléments indispensables à la croissance du nombre de projets deeptech menant à la création de nouvelles start-up et à la régénération de notre tissu industriel dans les domaines à fort potentiel de développement. Nous sommes donc parfaitement alignés avec la stratégie définie par le CNRS dans son contrat d’objectifs et de performance ».

Des programmes ambitieux d’accompagnement de projets d’innovation

L’objectif des programmes de prématuration-maturation France 2030 est de lever des verrous d’ordre technico-économique des projets de valorisation des résultats de recherche issus de la recherche publique. Ils permettent à des personnels de recherche de conduire la maturation technologique d’un résultat de recherche scientifique, pour aller vers une preuve de concept (dans le cadre de la phase de prématuration), puis vers un prototype (dans le cadre de phase de la maturation).

 « Le CNRS propose un programme de prématuration depuis 2014, piloté par CNRS Innovation, sa structure nationale de transfert de technologie. Il possède donc une expertise dans ce domaine avec plus de 300 projets financés pour un montant engagé supérieur à 34M€ », souligne Feriel Hamdi, responsable du pôle partenariats et financements prématuration à CNRS Innovation. Quant à la maturation, elle se fait « en complémentarité et en interaction » avec les Sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT)3 . « Cette volonté de collaboration et de partenariat avec les SATT nous a conduits à postuler systématiquement à l’appel à propositions France 2030 avec celles-ci. Sur les 4 projets dont CNRS Innovation est coordinateur, une SATT est chef de file du volet maturation du projet tandis que CNRS Innovation est chef de file du volet prématuration ».

Des consortia nationaux pour une vision nationale des portefeuilles de technologies

Le CNRS s’est positionné sur des thématiques dont il pilote ou copilote les Programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR) (voir encadré). « Cet appel demandait de monter des consortia en lien avec les thématiques des stratégies nationales d’accélération. Nous nous sommes donc positionnés sur les thématiques pour lesquelles le CNRS dispose d’une expertise et nous nous sommes liés aux meilleurs partenaires. Le consortium BATMAT, qui concerne la stratégie d’accélération Batteries, et dont le CNRS est leader, est par exemple composé de 16 partenaires tels que le CEA, l’Université Grenoble Alpes, l’Université Paris-Saclay ou encore la SATT Linksium ». Les programmes de prématuration-maturation France 2030 permettront « d’accélérer le volet technologique des PEPR ». Et inversement, alors qu’ils sont en plein démarrage, les PEPR alimenteront des nouveaux projets pour la prématuration-maturation. 

Une coordination renforcée entre les partenaires

Chaque consortium national regroupe une vingtaine de partenaires dont un coordinateur, qui a la vision globale de tous les projets. Cette organisation permet de constituer un portefeuille composé des meilleures technologies disponibles. Elle permet aussi d’inscrire les projets financés dans une dynamique nationale, dans le cadre des stratégies nationales d’accélération. « Chaque partenaire a des réseaux locaux sur lesquels les programmes pourront s’appuyer. Il faut mettre en commun ces réseaux, comme par exemple dans le cadre de la stratégie nationale d’accélération Technologies Quantiques qui s’appuie sur de grands équipements de recherche pilotés par le CNRS ou ses partenaires ou encore les hubs quantiques régionaux déjà en place », explique Feriel Hamdi.

« Pour répondre à cet appel à propositions, les universités, les écoles d’ingénieurs et les organismes nationaux de recherche ont réalisé un travail remarquable d’harmonisation et de coordination », rapporte Jean-Luc Moullet. « Nous avons cherché des solutions simples afin de respecter les contraintes des uns et des autres, tout en offrant aux personnels de recherche un point d’entrée et une méthodologie uniques pour accompagner la mise en œuvre et le financement de leurs projets. » Pour le chercheur, cette coordination renforcée veut dire qu’il n’aura qu’un seul interlocuteur pour permettre le suivi de son projet au niveau local et national.

Le CNRS, un expert du continuum prématuration-maturation

Les partenaires des consortia doivent « attester d’un engagement et d’une expérience significative » d’investissement et d’accompagnement en prématuration et maturation de projets, et démontrer leur « capacité à poursuivre leur intervention dans ces mêmes champs ». Sur l’ensemble de ces points, le CNRS est un acteur fort : il dispose de nombreux outils d’accompagnement de l’innovation pilotés par CNRS Innovation, en partenariat avec les SATT. « Les services de partenariat et valorisation du CNRS font le lien avec l’écosystème local et assurent l’identification des projets. Les experts PEPR en lien avec les instituts scientifiques du CNRS apportent leur expertise thématique et l’analyse scientifique des projets. CNRS Innovation analyse l’aspect valorisation des projets tout en pilotant et articulant les programmes de prématuration, et les SATT assurent le montage d’un projet de maturation de long terme pouvant conduire à une création de startup ou à un transfert vers un industriel», analyse Feriel Hamdi.

Une augmentation significative des capacités de financements

Chaque programme prématuration-maturation France 2030 permettra d’octroyer des moyens supplémentaires nécessaires pour soutenir l’accompagnement et la mise en œuvre des projets de prématuration et de maturation de chacun des partenaires des consortia lauréats. Les fonds alloués par France 2030 apportent des moyens financiers supplémentaires pour faire effet levier sur les moyens investis par les acteurs de l’écosystème.  « Avec le soutien financier de l’appel à proposition France 2030, le CNRS vise l’augmentation significative de ses capacités globales de financement des projets » explique Feriel Hamdi.

  • 1Ces stratégies visent à identifier les principaux enjeux économiques et technologiques d’avenir et à y investir de façon exceptionnelle et globale (financements, normes, fiscalité…). Elles comptent parmi leur thématique l’hydrogène décarboné, la cybersécurité, l’intelligence artificielle ou encore la ville durable. Le CNRS copilote 13 PEPR en lien avec les stratégies nationales d’accélération.
  • 2Avec 54 milliards d’euros, ce plan doit permettre de rattraper le retard industriel français, d’investir massivement dans les technologies innovantes ou encore de soutenir la transition écologique.
  • 3Les sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT) assurent le relais entre les laboratoires de recherche et les entreprises et financent les phases de maturation des projets et de preuve de concept.