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Stratégie

Le programme de prématuration du CNRS : les lauréats de la 1ère vague 2020

La première vague du programme de prématuration 2020 du CNRS a sélectionné, parmi une vingtaine de dossiers déposés, cinq projets aux innovations technologiques pour les domaines pharmaceutique, médical, physique ou numérique.

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Le programme de prématuration du CNRS apportera un soutien financier et un accompagnement en phase de prématuration aux cinq projets labélisés de la première vague 2020.

NanoFilter. Le projet, porté par Anne Charrier, chercheuse au Centre interdisciplinaire de nanoscience de Marseille1, propose un dispositif microfluidique innovant permettant de reproduire la filtration des globules par la rate en mimant le tissu micro-circulatoire et une méthode originale pour visualiser et caractériser la rigidité des globules rouges (GRs) sous écoulement contrôlé. La prématuration permettra d’une part d’optimiser le dispositif, d’automatiser le système d’analyse des données associées et d’autre part, de développer son multiplexage pour des analyses statistiques et du screening à haut débit. De nombreuses applications pourraient être envisagées comme le screening pharmaceutique de médicaments, les tests compagnons pour l’industrie pharmaceutique ou encore les tests sur GRs pour le transport de médicaments via la circulation sanguine. 

 

Cyclope. Le projet, porté par Bertrand Granado et Andrea Pinna, du Laboratoire d'informatique de Paris 62, a pour but de mettre en œuvre un dispositif innovant associant une capsule vidéo-endoscopique à un nouveau procédé de traitement numérique des images. L’objectif de la prématuration est d'intégrer une brique logicielle développée par le 1laboratoire, pour le traitement en temps réel des images 3D dans un prototype de capsule. Et ainsi d’apporter la preuve expérimentale que le dispositif est capable de reconstruire le relief des parois de l’intestin et de fournir au praticien des données quantitatives sur des formes classifiées comme les polypes ou les kystes. Cette technologie vise le marché de la gastro-entérologie pour le dépistage et le diagnostic de pathologies du système digestif, en particulier le dépistage précoce du cancer colorectal.

 

Développement d’une méthode diagnostique des thrombopénies. Le projet porté par Muriel Priault, chercheuse à l’Institut de biochimie et génétiques cellulaires3, propose de mettre au point un test pour aider au diagnostic des causes de thrombopénies, une affection caractérisée par un nombre de plaquettes sanguines (thrombocytes) situé au-dessous de la normale, en se basant sur l’âge des plaquettes circulantes. Dans les thrombocytopénies périphériques (destruction accrue, consommation trop élevée, séquestration par la rate/hypersplénisme), les plaquettes circulantes sont jeunes, alors que dans les thrombocytopénies centrales dominées par les hémopathies malignes (défaut de production), les plaquettes circulantes ont une durée de vie normale. L’identification du mécanisme induisant la thrombocytopénie est primordiale car elle conditionne le traitement. L’équipe a déjà démontré qu’une protéine des plaquettes présente des états de modification post-traductionnelle différents en fonction de l’âge des plaquettes. La mesure de l’âge des plaquettes via ce test se fait sur une simple prise de sang et le programme de prématuration va permettre de développer les outils pour accélérer le test diagnostique.

 

Photonic Pirani Gauge. Le projet porté par Jean-Charles Beugnot, chercheur à l’Institut Femto-ST4, vise la réalisation d’un capteur basse pression, type Jauge Pirani, en se basant sur une fibre optique bien spécifique. Ce nouveau capteur permettra d’adresser les gammes de mesures pour le vide primaire et secondaire (quelques mBar jusqu’à 10-6 mBar) avec une résolution et une répétabilité au moins équivalente aux systèmes commerciaux actuels. La technologie permettra ainsi de réaliser des mesures basse pression de manière déportées et avec une grande résistance en milieux sévères (agressions chimiques, électromagnétique).

 

Biumiz. L’objectif du projet porté par Elodie Oursel, chercheuse au sein du laboratoire Structures formelles du langage5, est de développer un livre numérique interactif d’apprentissage de l’anglais destiné, dans un premier temps, aux enfants de 4 à 7 ans. Cet outil pédagogique construit autour de graphismes statiques 2.5 D et de vocalisations en voix d’acteurs, met en son et en images un scénario et des mini-missions dans lesquelles l’utilisateur pourra naviguer en mode « livre dont vous êtes le héros ». Le programme de prématuration permettra de valider la preuve de concept de l’outil et de formaliser la méthode proposée.

 

1 Centre interdisciplinaire de nanoscience de Marseille (CNRS/Aix-Marseille université)

2 Laboratoire d'informatique de Paris 6 (CNRS/Sorbonne université)

3 Institut de biochimie et génétiques cellulaires (CNRS/Université de Bordeaux)

4 Institut Franche-Comté électronique mécanique thermique et optique – sciences et technologies (CNRS/Université de technologie de Belfort-Montbéliard/Université de Franche-Comté/ENS de mécanique et microtechnique)

5 Structures formelles du langage (CNRS/Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis)

Said Essabaa / CNRS Innovation / Said.Essabaa@cnrsinnovation.fr