Le CNRS et l’IRSN renouvellent leur accord-cadre

CNRS

L’accord-cadre signé par le CNRS et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) définit les conditions de collaboration entre les deux organismes sur des sujets d’intérêt commun.

« Servir une ambition plus forte, au-delà des collaborations spontanées à l’initiative des équipes de recherche ». Voilà l’objectif, selon Nathalie Magnillat, directrice adjointe de la Direction d’appui aux partenariats publics (DAPP) du CNRS, de l’accord-cadre renouvelé entre l’organisme et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

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Signé en novembre 2020 pour 5 ans, l’accord-cadre s’inscrit comme la nouvelle étape d’un partenariat de longue date. Les chercheurs de l’IRSN et du CNRS collaborent en effet depuis la création en 2001 de l’IRSN dans un large champ disciplinaire allant de la physique nucléaire à l’écologie, en passant par la micromécanique, la mécanique des fluides, la chimie, la radiobiologie ou encore les géosciences. Les publications communes sont nombreuses et leur nombre augmente régulièrement. Les années passées ont également permis d’expérimenter divers modes de collaboration et ont conduit l’IRSN à contribuer à plusieurs dispositifs d’animation mis en place par le CNRS comme la ZATU1, les programmes NEEDS2 ou EC2CO3, et plusieurs groupements et fédérations de recherche. L’ambition pour les cinq prochaines années est de renforcer et structurer la collaboration autour de plusieurs objectifs clés.

Le CNRS, partenaire majeur de l’IRSN

L’IRSN est « l’expert public des risques nucléaires et radiologiques », explique Alain Brunisso, chargé de mission partenariats à l’IRSN. Son rôle est de contribuer aux politiques publiques en matière de sûreté nucléaire et de protection de la santé et de l’environnement contre les rayonnements ionisants. Pour disposer des compétences nécessaires, il développe des programmes de recherche couvrant l’ensemble de ses domaines d’activité. Ces programmes mobilisent près de 40 % de son budget et environ un quart de ses 1771 salariés, et reposent souvent sur des collaborations de recherche avec des partenaires français et étrangers. « À l’occasion de la révision de notre stratégie de partenariat avec le monde académique, nous avons fait le choix de développer des collaborations privilégiées avec un nombre limité d’organismes de recherche et d’universités. Et le CNRS joue un rôle majeur dans cette nouvelle stratégie », ajoute Alain Brunisso. Les recherches menées par l’IRSN répondent à des problématiques qui nécessitent de l’interdisciplinarité, et le CNRS « permet d’avoir accès à un vivier de connaissances scientifiques au plus haut niveau dans chaque discipline ».

En accord avec son Contrat d’objectifs et de performance (COP), le CNRS entend quant à lui « valoriser l’impact de ses recherches sur des questions de société », en contribuant à protéger l’environnement et les conditions de vie sur et autour des sites où sont menées des activités liées au nucléaire (énergétique ou médical), ainsi que les applications des rayonnements ionisants en médecine comme la radiothérapie, explique Fanny Farget, directrice adjointe scientifique à l'Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3) du CNRS.

La mesure, la modélisation et les plateformes de recherche, qu’elles soient in situ ou dans des installations expérimentales, sont trois des axes de collaboration identifiés. Ils se déclineront dans  des domaines au cœur des enjeux portés par l’IRSN : le vieillissement des installations et des matériaux, l’émergence de nouvelles technologies diagnostiques et thérapeutiques, le risque sismique, l’impact de la radioactivité à l’échelle de socio-écosystèmes territoriaux, etc.

Un partenariat qui va « ouvrir des ponts entre les instituts du CNRS »

« Cet accord-cadre va ouvrir des champs nouveaux de collaboration », estime aussi Fanny Farget, également copilote, avec Alain Brunisso, du comité de coordination et de suivi qui a été mis en place. Composé de représentants des cinq instituts4 du CNRS plus particulièrement concernés par le partenariat et des trois responsables des unités de recherche - en environnement, en santé et en sûreté nucléaire - de l’IRSN, ce comité coordonne l’animation scientifique. Au cours des prochains mois, il a pour charge d’établir une feuille de route qui détaillera les objectifs scientifiques et techniques à atteindre sur les cinq années que couvre l’accord.

Un travail « prometteur » qui a un « double intérêt » pour le CNRS, précise Nathalie Magnillat. Chaque institut voit ses collaborations avec l’IRSN se structurer, mais en plus ce comité, qui va discuter de sujets transverses « à très haut niveau scientifique et technique, et au plus près des équipes de recherche », va « ouvrir des ponts entre les instituts du CNRS », renforçant l’interdisciplinarité au sein même de l’organisme.

  • 1. En savoir plus : https://inee.cnrs.fr/fr/zones-ateliers
  • 2. Le programme « Nucléaire : Énergie, Environnement, Déchets, Société » (NEEDS) vise à fédérer l’effort interdisciplinaire de recherche sur le nucléaire, afin d’envisager tous les aspects de la relation entre la société, la nature et la technologie nucléaire.
  • 3. L’initiative « Structurante Écosphère Continentale et Côtière » fédère une communauté scientifique autour de grandes questions environnementales qui impliquent des approches interdisciplinaires aux interfaces entre hydrologie, hydrodynamique, écologie et biogéochimie.
  • 4. INSIS, INSU, INC, IN2P3 et INEE.