Le PEPR Cybersécurité dévoile ses 7 premiers projets ciblés
Piloté par le CNRS, Inria et le CEA, le programme et équipements prioritaires de recherche (PEPR) Cybersécurité, qui vise à soutenir le développement de la filière, présente ses 7 premiers projets.
Alors que les menaces cyber pèsent sur les citoyens et l’ensemble des secteurs d’activités, la course mondiale pour trouver les solutions s’accélère. La France s’est dotée d’une Stratégie nationale cybersécurité en février 2021 – inscrite dans la stratégie nationale d’accélération du PIA4.
Le Programme et équipements prioritaires de recherche
La recherche, soutien amont d’une stratégie nationale
L’objectif de la stratégie d’accélération cybersécurité : tripler le chiffre d'affaires de la filière d'ici 2025 et développer des solutions souveraines alors que le domaine présente de forts enjeux, rendus encore plus visibles lors de la crise sanitaire et l’amplification du télétravail, des achats en ligne ou encore de la télémédecine. « La cybercriminalité pour de l’argent représente la majorité des attaques », souligne Gildas Avoine. La cybersécurité implique également des questions de sécurité nationale, avec le risque d’attaques contre les systèmes d’information d’entreprises nationales et de l’État. « Il y en a beaucoup plus qu’on ne le croit – et il s’agit principalement de renseignement économique », note-t-il.
Alors que la stratégie nationale a pour objectif de développer la filière cybersécurité, « le PEPR doit soutenir ce développement par des actions de recherche spécifiques et par des transferts de connaissance entre académiques et industriels. » Il ajoute : « Par exemple, il existe dans le monde académique des outils très difficiles à prendre en main pour des industriels. C’est le cas par exemple dans le domaine de la vérification de protocoles de sécurité. Le PEPR est l’occasion de rendre ces outils plus accessibles au secteur privé à travers ses actions. »
Sept projets ciblés, de montants allant de 5,5 à 7,5 millions d’euros, ont été présentés le 21 juin au Campus cyber
Les 7 projets ciblés
1. Projet iPoP (Projet interdisciplinaire sur la protection des données personnelles), piloté par Inria
Projet interdisciplinaire sur la protection des données personnelles, il mélange informatique en lien étroit avec les sciences humaines et sociales – pour son aspect économique relatif à la vente des données personnelles, ou encore législatif en lien avec le RGPD
2. Projet SecureCompute (Sécurité des calculs), piloté par l’ENS PSL
L’objectif du projet est de réaliser des calculs ou du stockage dans un cloud de manière sécurisée sans révéler d’informations sur les données en question. Ce projet adresse des techniques reposant sur la cryptographie encore très gourmandes en ressources. « L’objectif est de faire des calculs sur des données sans révéler ces données. Ainsi, il sera possible de déporter des calculs et du stockage en envoyant des données chiffrées à des prestataires sans devoir leur accorder notre confiance. »
3. Projet SVP (Vérification de protocoles de sécurité), piloté par le CNRS
Ce projet a pour objectif d’analyser la sécurité des protocoles cryptographiques. L’objectif est d’améliorer la maturité d’analyse d’un protocole pour arriver à des protocoles sûrs et sans faille. « Aujourd’hui, la défense des protocoles cryptographique, comme par exemple le protocole ‘https’, fonctionne ainsi : le protocole se fait attaquer, la faille est comprise et réparée, puis le protocole est de nouveau attaqué, etc. Nous devons développer la connaissance autour de la conception de protocoles pour sortir de ce type de cycle infernal. »
4. Projet DefMal (Défense contre les programmes Malveillants) piloté par l’Université de Loraine
L’objectif du projet est d’améliorer la connaissance et la compréhension des programmes malveillants et développer des contre-mesures. Le projet implique les sciences humaines et sociales alors que, dans la majorité des attaques informatiques, l’humain est impliqué comme étant "le maillon faible". « Aujourd’hui, les programmes malveillants sont de plus en plus sophistiqués et parviennent à se cacher, et à cacher ce qu’ils font. Nous devons trouver des nouvelles techniques pour analyser ces programmes et comprendre leurs modes d’opération. »
5. Projet Superviz (Supervision et orchestration de la sécurité), piloté par Inria
L’objectif du projet Superviz est de concevoir des techniques pour protéger les grands systèmes informatiques, comme le parc informatique d’une grande entreprise. « Il est essentiel de concevoir des techniques pour superviser la sécurité des systèmes informatiques en renforçant les mécanismes de protection préventifs et en palliant leurs insuffisances. À noter que le projet considère également les systèmes physiques, comme les capteurs ou les machines connectées aux réseaux informatiques. »
6. Projet Arsene (Architecture SEcurisées pour le Numérique Embarqué), piloté par le CEA
Le projet Arsene porte sur la sécurité matérielle et les processeurs fortement contraints pour l’informatique embarquée, comme les oreillettes ou les systèmes informatiques embarqués dans les voitures. « Sur tous ces dispositifs, nous avons un système contraint avec peu de capacités de calcul et peu de ressources donc moins de possibilité en sécurité. »
7. Projet SECUREVAL (Evaluation de la sécurité des logiciels), piloté par le CEA
Le projet SECUREVAL vise à accélérer de manière coordonnée et structurée la recherche et le développement de solutions de sécurité souveraines et industrialisables. « L’objectif est de réussir à évaluer la qualité du code informatique en termes de sécurité et obtenir des preuves de conformités. »
Enfin le futur appel financera trois projets additionnels sur trois axes thématiques :
- L’axe Protection des données multimédia porte en particulier sur la voix et le son avec l’image et la vidéo. Cet axe couvre plusieurs thèmes allant du marquage vidéo à la biométrie, en passant par la sécurité des IA (avec par exemple les capteurs d’images d’un véhicule autonome et son système de défense aux attaques) ou encore l’hypertrucage ou deepfake, c’est-à-dire la manipulation d’un contenu multimédia.
- L’axe Recherche et techniques d’exploitation de vulnérabilités porte sur la détection de failles dans un système informatique et implique les sciences forensiques
Principes scientifiques et méthodes techniques appliquées à l’investigation criminelle. . L’objectif est de détecter et comprendre les vulnérabilités. - L’axe Cryptanalyse de primitives cryptographiques porte sur l’analyse de primitives cryptographiques, par exemple pour chiffrer ou signer des données. L’objectif est de concevoir des techniques pour évaluer et éventuellement prouver la sécurité de telles primitives.