Tests PCR : « Nous pourrons atteindre les 50 000 par semaine »
Suite à l’arrêté ministériel du 5 avril, les laboratoires de recherche publics peuvent dorénavant être réquisitionnés pour effectuer des tests PCR1. L’objectif ? Porter à son maximum la capacité des tests de dépistage du COVID-19 en France. Explications d’André Le Bivic, coordinateur de cette mission pour l’organisme et directeur de l’Institut des sciences biologiques du CNRS (INSB).
- 1Le Test PCR repose sur le principe "d’amplification en chaîne par polymérase", c'est-à-dire qu'il repère le génome du virus et le duplique en grande quantité.
« Dès le début du confinement, des laboratoires du CNRS se sont portés volontaires pour soutenir l’effort de dépistage », note André Le Bivic, rappelant la liste des 20 laboratoires CNRS sélectionnés pour réaliser des tests PCR suite à l’arrêté ministériel du 5 avril. Les Français peuvent désormais à nouveau sortir de chez eux mais la crainte d’une « seconde vague » continue de planer. Pour parer cette menace, le gouvernement a notamment mis en place une politique d’accès à des tests, faisant appel aux laboratoires de recherche publics pour répondre à une demande forte si besoin.
40 laboratoires de recherche sélectionnés
Alors que certains laboratoires s’impatientaient de ne pas être sollicités alors qu’ils y étaient prêts, une intervention au plus niveau de l’Etat a finalement permis d’accélérer les actions du Ministère de la Santé et des Agences Régionales de Santé (ARS). L’Inserm a été désigné pour coordonner cette action et proposer une liste de laboratoires susceptibles de conduire des tests de dépistage pour atteindre l’objectif de 700 000 tests par semaine, que s’est fixé le gouvernement lors du déconfinement au 11 mai. Au total, 40 laboratoires ont été sélectionnés, dont une vingtaine de laboratoires CNRS couvrant l’ensemble du territoire. « Les réquisitions se font selon les besoins locaux. Les ARS émettent le besoin et se tournent vers le préfet qui pourra alors réquisitionner le laboratoire », explique le directeur de l’INSB. « Nous sommes en capacité d’atteindre 50 000 tests par semaine grâce à ces 40 laboratoires. »
La liste des laboratoires susceptibles de répondre à un besoin en tests PCR doivent remplir un cahier des charges bien précis. « Ces laboratoires disposent d’un équipement de sécurité de type P2
« Nous avions le matériel et la technique »
Le laboratoire de Génomique fonctionnelle métabolique et des mécanismes moléculaires impliqués dans le diabète de type 2 et les maladies associées
Des tests à petit prix
« Nous avions compris que le manque de réactif était le problème majeur », note de son côté Bernard Mari, chef d’équipe en génomique à l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire
La qualité de cette nouvelle procédure, qui pourrait être renforcée par les équipements de plusieurs biotechs sur le site de Sophia-Antipolis, est de proposer des tests qui ne soient plus d’ordre médical, mais d’ordre épidémiologique. En effet, elle permet de proposer des tests à petit prix (le coût d’un test PCR est aujourd’hui de 58 euros, remboursé par la sécurité sociale) et donc à visée plus large. « Il y a eu un manque de capacité de test pendant 1 mois, c’est dommage que nous n’ayons pas pu intervenir », regrette Bernard Mari.
Des tests à grande échelle
L’Institut de génétique humaine
Un autre acteur pourrait révolutionner la rapidité de ces tests. Le consortium formé par la société de biotechnologie SKILLCELL, filiale du groupe ALCEN, le laboratoire SYS2DIAG
Dans la foulée de ces pionniers des tests en laboratoires, d’autres demandes ont vu le jour en Ile-de-France, seule région de l’Hexagone en « zone orange », notamment en provenance de l’hôpital de Marne-la-Vallée, ce dernier exprimant un besoin en personnel pour réaliser ces tests. De nombreuses personnes se sont portées volontaires. A l’inverse, des requêtes émanant des Antilles et de la Guyane n’ont pu être satisfaites faute de laboratoires correctement équipés.