Léonard de Vinci n’a définitivement pas sculpté le buste de la Flora

Chimie

« C'est une machination, une imposture », s’était défendu le directeur général des collections d'arts de l’Etat allemand à qui l’on reprochait d’avoir acheté un faux. Wilhelm Bode n’en a jamais démordu : c’est bien une sculpture réalisée par le grand maître de la Renaissance, Léonard de Vinci, encore inconnue, qu’il avait acquise en 1909. Plus de cent ans plus tard, et suite à de nombreuses controverses, des scientifiques menées par une chercheuse du CNRS1 viennent de lui donner définitivement tort. Conservé au musée Bode de Berlin, le buste de la Flora vient d’être daté précisément au carbone 14 et le résultat est sans appel : la Flora a été façonnée au XIXe siècle, près de 300 ans après la mort de Léonard de Vinci. La sculpture ayant été réalisée à base de blanc de baleine, une sorte de cire, les chercheuses ont dû mettre au point une nouvelle méthode de calibration leur permettant de dater précisément sa création. Ces résultats, publiés le 15 avril 2021 dans Scientific Reports, montrent comment une datation au carbone 14 peut être appliquée à des matériaux inhabituels.

Buste de la Flora
numéro d’inv. 5951, Skulpturensammlung (SBM), Museum für Byzantinische Kunst (SBM), Staatliche Museen zu Berlin (SMB) - Stiftung Preußischer Kulturbesitz (SPK) © SMB-SPK

 

  • 1. Les chercheuses impliquées travaillent à l’Institut de recherche de Chimie Paris (CNRS/Chimie ParisTech), au Centre de recherche et de restauration des musées de France (Ministère de la Culture) et au Laboratoire de mesure du carbone 14 (CEA/CNRS/IRD/IRSN/Ministère de la culture), une plateforme nationale gérée par le Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (CNRS/CEA/Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines).
Bibliographie

New results with regard to the Flora bust controversy: radiocarbon dating suggests nineteenth century origin. Ina Reiche, Lucile Beck et Ingrid Caffy. Scientific Reports, le 15 avril 2021. DOI:10.1038/s41598-021-85505-x

Contact

Ina Reiche
Chercheuse CNRS
François Maginiot
Attaché de presse CNRS