©A. Martinez

Anouche KunthChercheuse en histoire

Médaille de bronze du CNRS

Chercheuse en histoire à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux1 , spécialiste des violences et crimes étatiques, abordés depuis l’exil arménien contemporain.

" Que devient la vie après qu’elle a été subvertie par la mort de masse ? Mes travaux adressent cette question à l’expérience arménienne, afin d’étudier le génocide de 1915 depuis ses retombées sur ceux qui en ont réchappé. Rien de plus nécessaire, ici, qu’une approche comparée, conduisant à de riches collaborations. La singularité du cas arménien n’en est que plus nette. Elle tient avant tout à l’amnistie du crime : stipulée en 1923 par le traité de Lausanne, elle entérine l’irréparable et précipite l’exil des survivants. La reconstitution de leurs trajectoires implique de recouper une documentation dispersée à travers le monde. Au sein d’une réalité mouvante et discontinue, j’observe le devenir de ce qui n’est plus, la façon dont la perte se déploie dans l’espace, affecte statuts et vies matérielles, corps et psychés. Néanmoins, de nouveaux liens sont tissés par-dessus l’abîme des liens détruits. S’ouvrent, pas à pas, les voies de l’adaptation. "

 

  • 1 . CNRS/EHESS/Université Sorbonne Paris Nord/Inserm

CV

  • 2013 : Doctorat en Histoire et civilisations de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS -Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen)
  • 2014 : Entrée au CNRS – Chargée de recherche au laboratoire Migrations internationales, espaces et sociétés
  • 2016 : Publication de l’ouvrage Exils arméniens. Du Caucase à Paris (1920-1945), Paris, Belin
  • 2017 : Chargée de recherche à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux
  • 2019 : Financement ANR obtenu avec Hélène Dumas pour le programme FALI (étude comparée des survivants des génocides des Arméniens et des Tutsi)