Le CNRS, copilote des quatre premiers Programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR) exploratoires

CNRS

Pour un montant total de 200 M€, quatre projets sont retenus dans le cadre de la première vague de l’appel à projets sur les PEPR exploratoires créés par le quatrième programme d’investissements d’avenir (PIA4). Tous sont pilotés par le CNRS ou copilotés avec ses partenaires. Un deuxième appel est annoncé.

Avec un budget de 20 milliards d'euros sur 5 ans, le PIA4, détaillé le 8 janvier 2021, présente plusieurs dispositifs pour soutenir la recherche et l’innovation françaises. Les PEPR sont consacrés à la structuration des communautés de recherche et aux premières avancées scientifiques. Outre les 10 PEPR des stratégies nationales (voir encadré), plusieurs vagues de PEPR exploratoires sont prévues avec une enveloppe globale d’un milliard d’euros. Ces PEPR visent des secteurs scientifiques ou technologiques en émergence pour lesquels l’État souhaite identifier et structurer les communautés en prévision d’éventuelles stratégies nationales à venir. Tous pilotés ou copilotés par le CNRS, les quatre projets sélectionnés par un jury international dans la première vague couvrent des domaines variés, avec des budgets compris entre 20 M€ et 80 M€.

Les matériaux de demain

Le projet Diademe, pour « Dispositifs intégrés pour l’accélération du déploiement de matériaux émergents », vise ainsi à développer des matériaux innovants, performants, durables et issus de matières premières non critiques et non toxiques. Et ce de manière rapide grâce aux quatre plateformes – de synthèse, caractérisation, simulation numérique des matériaux, ainsi que de stockage, gestion et exploitation par l’IA de bases de données – intégrées dans des centres de compétences dédiés. Ce PEPR est copiloté par le CEA et le CNRS, en partenariat avec plusieurs universités.1

Mieux comprendre le cycle du carbone

Le PEPR exploratoire FairCarbon s’intéresse quant à lui au cycle du carbone, afin d’identifier des leviers – écologiques, agronomiques et socio-économiques – et scénarios de trajectoires pour atteindre la neutralité carbone et restaurer les ressources naturelles dans les écosystèmes continentaux.  Piloté par le CNRS et Inrae, en partenariat avec l’IRD, le Cirad, le CEA, l’Université Paris-Saclay, Aix-Marseille Université et l’Université de Montpellier, il entend aussi accompagner la mise en œuvre de ces scénarios aux échelles locale et nationale, tout en mettant à disposition de la communauté scientifique des modèles numériques validés sur des jeux de données ouverts.

Stocker des données sur ADN

Le troisième PEPR retenu est piloté par le CNRS, en partenariat avec Inria, l’Université de Strasbourg, l’Université Paris Sciences et Lettres et l’Université Côte d’Azur : MoleculArXiv vise le stockage de données massives sur ADN et polymères artificiels. Il veut positionner l’écosystème de recherche académique (informatique, chimie, biologie, nanotechnologies, microfluidique) et industriel français comme un acteur incontournable du stockage sur polymère (ADN et non-ADN) à l’échelle internationale.

L’eau, bien commun

Enfin, le programme OneWater, centré sur l’eau comme « bien commun », s’organise en grands défis scientifiques et techniques, de l’anticipation de l’évolution de la ressource en eau pour permettre l’adaptation, à la transition vers une nouvelle gouvernance des ressources pour une société durable et résiliente, en passant par l’eau comme sentinelle de la santé de l’environnement et des sociétés humaines. Il est copiloté par le CNRS, le BRGM et Inrae, avec la participation de nombreux acteurs.2

Une deuxième vague de cet appel PEPR exploratoires vient d’être lancée, avec des résultats prévus d’ici fin avril 2022. Le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation souhaite lancer une vingtaine de PEPR exploratoires dans les trois premières années du PIA 4, chacun avec un soutien financier de l’ordre de 50 M€.

 
  • 1. Université Paris-Saclay, Sorbonne Université, Institut Polytechnique de Paris, Université Grenoble-Alpes, Université de Lorraine, Université de Bordeaux, Université de Lyon.
  • 2. Ifremer, IRD, Météo France, Université de Bordeaux, Université Claude Bernard Lyon 1, Université de Montpellier, Université Grenoble-Alpes, Université de Rennes 1, Université de Strasbourg, Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées.

Les PEPR, partie amont des stratégies nationales d’accélération

Dans le cadre de la vingtaine de stratégies nationales d’accélération décidées par l’État pour relever les défis économiques, sociaux, numériques et environnementaux d’aujourd’hui et de demain, 10 PEPR ont déjà été lancés pour 702 M€. Parmi ceux-ci, les programmes « Technologies quantiques » (150 M€), « Hydrogène décarboné » (80 M€), « Enseignement et numérique » (77 M€), « Cybersécurité » (65 M€), « Recyclabilité, recyclage et réincorporation des matériaux recyclés » (40 M€) et « Solutions pour la ville durable et innovations territoriales » (40 M€) sont pilotés ou co-pilotés par le CNRS. Deux milliards d’euros seront à terme consacrés à l’ensemble des stratégies.

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