Décryptage : Coup de blues ... hivernal

Vivant

Baisse d'énergie, fatigue, envie pressante de sucre, êtes-vous cet hiver encore victime d’un impitoyable “blues hivernal” ?  Pour mieux comprendre ce phénomène et les pistes pour y pallier nous sommes allés à la rencontre de Xavier Briffault, chercheur au CNRS en sciences sociales et épistémologie de la santé mentale.

Blues hivernal ou dépression : comment faire la différence ?

En hiver, la baisse de lumière peut affecter notre humeur, mais il ne faut pas confondre le blues hivernal et la dépression saisonnière. Xavier Briffault,(CNRS), chercheur en sciences sociales et épistémologie de la santé mentale au Centre de Recherche Médecine, Sciences, Santé mentale, Société (CERMES 3 - CNRS / INSERM / UNIV PARIS CITE).

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  • Qu’est-ce que le blues hivernal ? 

En hiver, la lumière du jour diminue et les journées sont plus courtes. Or, nos rythmes biologiques sont régis par cette lumière naturelle, grâce à la mélatonine qui nous aide à dormir le soir et au cortisol qui nous réveille le matin. Quand la lumière diminue, ces cycles hormonaux se perturbent, tandis que nos rythmes sociaux (horaires de travail ou d’école) restent les mêmes, créant une désynchronisation. Cela peut affecter le sommeil, l’humeur et l’alimentation, et dans les cas les plus sévères, conduire à une véritable dépression saisonnière.

  • Comment peut-on distinguer une dépression saisonnière d’un “blues hivernal” ?

La dépression se manifeste par trois symptômes principaux
1. Une tristesse intense, 
2. Une perte de plaisir et d’intérêt pour les choses qu’on aimait (anhédonie), 
3. Une douleur morale très forte, une souffrance psychique qui rend le quotidien difficile. 

  • Est-il possible d’anticiper et de prévenir un blues hivernal ? 

Pour prévenir ou mieux gérer ces épisodes, il est recommandé de s’exposer à la lumière du matin, de pratiquer une activité physique régulière, idéalement dehors et le matin, de passer du temps dans la nature, et de surveiller son alimentation en limitant le sucre pour éviter fatigue, prise de poids et inflammation. Bien gérer ses cycles de sommeil est également très important. 

  • Combien de personnes sont concernées par la dépression saisonnière ? S’agit-il d’un phénomène courant ? 

La dépression saisonnière est en fait relativement rare, touchant environ 1 à 2 % de la population, et sa fréquence dépend de la latitude. Elle n’est pas toujours strictement liée aux saisons et certains facteurs génétiques semblent influencer la sensibilité des rythmes circadiens. L’essentiel est de bien gérer ses rythmes quotidiens pour éviter que le blues hivernal ne se transforme en dépression saisonnière.

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