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Start-up

Focus sur deux nouveaux projets du programme de prématuration du CNRS

Sélectionnés dans le cadre du programme de prématuration 2021 du CNRS, Hédione développe la synthèse durable d'une molécule essentielle pour la parfumerie et Metallocapt met au point un procédé de capture et récupération des métaux dans les eaux usées.

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Depuis 2015, le programme de prématuration du CNRS soutient financièrement et accompagne les premières étapes de développement de projets innovants pour faciliter leur transfert vers l’industrie ou la création d’entreprise. Présentation de deux projets soutenus en 2021.

 

Hédionev : synthèse chimique durable et 100 % biosourcée pour la production de parfums.

L’hédione, ou dihydrojasmonate de méthyle, est une molécule naturelle omniprésente chez les végétaux et qui joue un rôle clé pour les fabricants de parfums. Au-delà de son odeur de jasmin, sa particularité est de renforcer l'odeur d'un parfum et de lui donner du volume. L’hédione est aujourd’hui préparée industriellement par le biais de procédés de chimie conventionnels ayant un fort impact environnemental. Le projet Hédione, mené par Claude Grison, directrice du laboratoire de Chimie bio-inspirée et innovations écologiques (ChimEco)1, développe la première méthode de synthèse 100 % biosourcée de cette molécule, fondée sur des procédés durables et écologiquement responsables. La production de cette molécule a permis de mettre au point une technique limitant la prolifération de la renouée du Japon. À l'interface entre l'écologie et la chimie, le laboratoire ChimEco et la start-up Bioinspir (issue du même laboratoire) s'impliquent conjointement dans la préparation de nouveaux réactifs d'origine végétale. Le procédé de synthèse fait appel à des technologies modernes de chimie verte (mécanosynthèse, activation micro-ondes, écocatalyse) et conduit à une synthèse totale et verte d’une hédione végétale, sans solvant et sans intrant chimique.

 

Metallocapt : procédé de capture et de récupération des métaux dans les eaux usées.

La toxicité due à l’accumulation des métaux lourds (mercure, plomb, cadmium, etc.) au sein des organismes vivants conduit à une forte pollution et à des maladies graves pour l’humain. Il est donc essentiel de pouvoir les éliminer, en particulier des eaux de consommation. Parallèlement, certains éléments métalliques deviennent stratégiques (palladium, platine, ruthénium, etc.) du fait de leur utilisation dans des équipements électriques ou électroniques.

Pour relever ces deux défis, le procédé Metallocapt, développé par Caroline Bertagnolli, chercheuse à l'Institut pluridisciplinaire Hubert Curien2 et Loïc Jierry, chercheur à l'Institut Charles Sadron3, propose de réaliser en flux continu la capture d’ions métalliques présents dans les eaux usées industrielles et la récupération des métaux correspondants. Il s’appuie sur l’utilisation de mousses polymères compressibles, légères, résistantes et peu onéreuses, voire recyclées, revêtues d’un film polyphénolique biosourcé dont l’adhésion en surface résulte d’une approche bio-inspirée.

 

1 CNRS/Université de Montpellier

2 CNRS/Université de Strasbourg

3 CNRS/Insa Strasbourg/Université de Strasbourg