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Eurofins et le CNRS : une histoire de famille

La sécurité alimentaire, les contrôles sanitaires appliqués à l’environnement et l’excellence d’une biologie médicale sont trois piliers essentiels d’un même enjeu de santé publique. Avec Eurofins Scientific, la France dispose d’un laboratoire leader mondial, né sur les fonts baptismaux de la recherche publique. Eurofins montre la voie à d’autres secteurs industriels et économiques de pointe.

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Au début des années 1980, Maryvonne et Gérard Martin, chercheurs à l’Université de Nantes, travaillent à l’utilisation et la valorisation de la Résonance magnétique nucléaire (RMN) et déposent un brevet pour une nouvelle méthode de mesure du taux de chaptalisation présent dans les vins, par analyse des isotopes. C’est un véritable enjeu pour l’ensemble d’une filière vinicole d’excellence qui doit protéger la qualité et l’intégrité des vins français et Européens.

La méthode d’essai (baptisée SNIF-NMR pour « Fractionnement isotopique naturel spécifique par RMN ») deviendra plus tard la méthode officielle de la Communauté européenne et de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) pour contrôler leur chaptalisation.

La technique présente de si nombreuses perspectives d’applications pour la détection des fraudes dans les boissons non alcoolisées, les produits sucrés ou les arômes, que dans le sillon des travaux de ses parents, Gilles Martin créé Eurofins Scientific en 1987.

Les droits de propriétés d’abord licenciés puis ensuite rachetés au CNRS, ont permis à Eurofins Scientific d’accroître son offre et de s’imposer dans un secteur alimentaire qui réclame une grande spécialisation et une hyper technicité. Les nombreux épisodes de scandales alimentaires des années 1990 et l’exigence d’alerte et de traçabilité comme réponse, vont soutenir les premières années du développement de l’entreprise.

S’ensuit une phase de développement et de croissance par acquisitions qui ne fera pas oublier à Eurofins les liens historiques et naturels qui l’unissent à l’Université de Nantes et au CNRS. Témoin et acteur de cette relation privilégiée, le laboratoire Chimie et interdisciplinarité :synthèse, analyse, modélisation (Ceisam)1 n’a de cesse d’accompagner l’entreprise dans sa dynamique de recherche et lors d’étapes clés de sa R&D en matière d’analyses fines de molécules, incluant une activité méthodologique et des applications en chimie théorique, en synthèse organique/organométallique, en chimie analytique ainsi qu’en physico-chimie.

Symbole des relations fortes entre Eurofins et son berceau d’origine, une vingtaine de contrats de collaboration ont été signés principalement avec le Ceisam, mais aussi avec d’autres laboratoires du CNRS (le laboratoire Écologie et biologie des interactions2 ou encore le laboratoire Environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux3 ).

Ce large éventail de coopérations scientifiques est la marque des valeurs d’expertise et de qualité partagées entre les chercheurs d’Eurofins et ceux de la recherche publique.

La couverture pluridisciplinaire et interdisciplinaire des laboratoires du CNRS renforce sa capacité à apporter des solutions de premier rang à un géant mondial positionné sur trois marchés différents : l’agroalimentaire (40 % des ventes), la pharmacie et l’analyse génétique (secteur qui pèse autant que l’agroalimentaire) et l’environnement. La start-up, maintenant géant mondial et au CAC 40, est aujourd’hui une grande fierté pour sa famille scientifique et le CNRS.

 

1 CNRS/Université de Nantes

2 CNRS/Université de Poitiers

3 CNRS/ Université de Bordeaux