CNRS La lettre innovation

Partenariats, création d'entreprises, brevets, licences, événement... Retrouvez tous les mois les dernières actualités de la valorisation et de l'innovation au CNRS.

Laboratoires communs

Elast-D3, pour accompagner les mutations du secteur de la mobilité

Le CNRS, l’université de Rennes 1 et le groupe Continental créent le laboratoire commun Elast-D3, pour développer de nouvelles techniques de caractérisation du comportement des matériaux élastomères et de prédiction de la durabilité des pièces.

illustration

Conclu pour cinq ans, ce nouveau partenariat prend la forme d'un laboratoire commun multi-sites, composé d’équipes basées à la fois sur le site Contitech AVS France de Rennes et à l'Institut de physique de Rennes1. Ce partenariat privé/public va permettre le partage de ressources matérielles et humaines pour favoriser l'émergence de projets innovants et la mise en œuvre d’études collaboratives.

Les recherches menées par le laboratoire commun Elast-D3 s’articuleront autour de deux axes d’étude :

  • Les véhicules de demain, pour mieux caractériser et modéliser les matériaux à hautes fréquences vibratoires ;
  • La durabilité des pièces, afin d’améliorer la capacité de Continental à prédire leur durée de vie.

La solidité de ce partenariat repose sur les résultats obtenus entre 2015 et 2020 par ces mêmes équipes dans le cadre d’un précédent laboratoire commun (LC-Drime) adossé à une chaire d'entreprise avec la fondation Rennes 1. Parmi ces résultats, valorisés par des publications dans des revues internationales reconnues, le co-développement d'une méthodologie innovante réduisant d’un facteur 3 à 5 la durée de certains essais de caractérisation ou encore la mise en place d'outils prédictifs de la durabilité des pièces. Issu d’un accord de partenariat signé en mars 2021, le laboratoire commun Elast-D3 bénéficie déjà du soutien de la région Bretagne, de Rennes Métropole et de l'Association nationale recherche technologie (ANRT).

Le laboratoire commun bénéficie notamment du dispositif technologique central du laboratoire : une machine biaxiale entièrement développée et réalisée au sein de l'équipe de recherche. Cet équipement de pointe permet d'étudier la déformation des matériaux élastomères et de réaliser des simulations numériques réalistes et fidèles au comportement des pièces dans leur domaine d’application. L'emploi de différents systèmes d'imagerie permet aussi de réduire considérablement le temps d’essais sur les nouveaux matériaux développés par Continental.

La mécanique des élastomères, tirant de plus en plus de bénéfice de l’intelligence artificielle, sera également sollicitée au sein des travaux du laboratoire commun pour apporter des réponses aux préoccupations de la société civile.

Elast-D3 permettra à Continental de diversifier son domaine d’activité vers d’autres secteurs de la mobilité et de rester leader dans le domaine de l’anti-vibratoire. Par ailleurs, elle renforcera le statut de référence du laboratoire de Contitech AVS France de Rennes au sein de la BA Advanced Dynamics Solutions de Continental pour les problématiques liées à la durabilité des pièces.

La mobilité, un défi majeur de la décarbonation

Avec pour double objectif de décarboner massivement les déplacements et d’accompagner les profondes mutations liées à la mobilité, la recherche s’est saisie de ces enjeux. C’est aussi un axe prioritaire de développement de la marque Continental. L’essor de nouvelles motorisations (hybride, tout électrique et bientôt hydrogène) génère un foisonnement d’innovations et d’expérimentations à mener dans des délais de plus en plus courts. À ce titre, le laboratoire commun apparaît comme un acteur essentiel de la stratégie de recherche et développement menée par le groupe Continental pour appréhender toutes les facettes des évolutions de la mobilité et leurs implications dans le monde de demain.

« Nous nous réjouissons de ce nouveau partenariat entre l’université de Rennes 1, le CNRS et Continental. Ce laboratoire commun dépasse largement la dimension classique d’un dispositif réunissant juste des acteurs publics et privés. Dans le cas présent, au-delà des apports innovants vis-à-vis de l’industrie, nous envisageons tous ce partenariat comme un collectif de réflexion et de recherche permettant aussi de faire avancer les connaissances vis-à-vis du ressourcement des matières premières et de la compréhension des processus de vieillissement. Ce type de résultat est essentiel pour nous » Jean-Benoît Le Cam, enseignant-chercheur, responsable du laboratoire commun Elast-D3 et de l’équipe Imagerie quantitative en mécanique des matériaux (IQ2M) à l’Institut de physique de Rennes.

« L’appellation de « laboratoire commun » pour le dispositif Elast-D3 est à prendre ici au sens propre. Il va permettre un vrai partage des connaissances entre ses différents intervenants. En tant qu’industriels, nous arrivons avec des problématiques concrètes pour lesquelles nous avons besoin de réponses. Le but est donc d’arriver à des solutions profitables pour Continental, notamment en termes de transfert de méthodologies et d’industrialisation de la recherche, tout en parvenant à conduire une production scientifique qui pourra être valorisée d’un point de vue plus global et faire avancer la connaissance » Benoît Ruellan, Référant Durabilité pour la Business Area Advanced Dynamics Solutions de Continental.

1 CNRS/Université de Rennes 1