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Le CNRS bien engagé dans les domaines stratégiques européens

Quarante-neuf partenariats européens, négociés par la Commission européenne, les États membres et des partenaires privés, visent à relever des défis urgents par le biais d'initiatives concertées de recherche et d'innovation. Ils seront financés à hauteur de 26 milliards d’euros sur sept ans.

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« Les partenariats européens constituent un outil essentiel de mise en œuvre du programme cadre pour la recherche et l’innovation de l’Union Européenne, Horizon Europe, et contribuent de manière significative à la réalisation des priorités politiques de l'UE », souligne Pierre Roy, responsable Europe et financements publics collaboratifs de la Direction des relations avec les entreprises (DRE) du CNRS. L’objectif de ces partenariats est de faire collaborer des parties prenantes de différentes structures1 afin de déployer des solutions innovantes et des technologies souveraines pour relever les défis européens de demain, comme par exemple le Green Deal ou l’Europe Numérique. Ces outils ne sont pas une nouveauté du programme Horizon Europe2. La plupart des partenariats s’appuient sur des initiatives de longue date, remontant à Horizon 2020 ou au 7ème programme-cadre, et sur les travaux d’une ou de plusieurs plateformes technologiques européennes telles que EGVIA (European Green Vehicles Initiative Association) ou AENEAS (Association pour les Activités Européennes en Nanoélectronique).

 

49 partenariats pour relever les grands défis sociétaux de l’Europe

« Avec Horizon Europe, il y a une rationalisation de 120 à 49 partenariats. L’objectif a été d’aller vers des partenariats moins nombreux et plus larges, capables d'avoir un impact fort sur leur domaine. La nouvelle vague de partenariats européens mobilisera davantage d'investissements dédiés aux priorités de l'UE, telles que les énergies renouvelables », explique Pierre Roy.

L’ambition principale pour l’UE est de dynamiser l’innovation dans des secteurs stratégiques. La majorité des partenariats a pour finalité d’accélérer la transition vers une société et une économie circulaires neutres pour le climat et de contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD3). Par conséquent, nombre d’entre eux se feront en collaboration avec le secteur privé dans le but de décarboner les secteurs de l’énergie, de la mobilité et de l’acier, ou avec les États membres pour apporter des solutions pour une gestion durable des ressources (eau, sols, etc.) ainsi que pour préserver la biodiversité. D’autres visent à renforcer la résilience des systèmes de santé et de l’industrie en Europe, notamment en garantissant la prééminence technologique et l’autonomie de l’UE dans un certain nombre de domaines critiques, tels que les réseaux et services intelligents, l’intelligence artificielle, les données et la robotique et la photonique.

26 milliards d’euros sur sept ans

Il existe sous le programme Horizon Europe trois types de partenariats (voir ci-dessous). La création d’un partenariat fait suite à des discussions entre la Commission européenne, les entreprises et organismes de recherche, et les États membres sur les défis stratégiques de l’Union européenne et les objectifs en recherche et innovation. Jusqu’à 26 milliards d’euros seront mis sur la table dans Horizon Europe pour financer partenariats européens. « Les partenariats européens sont des succès. Le partenariat sur les maladies rares4 en est un bon exemple. Il fait partie des plus vieux partenariats cofinancés de l’UE et évolue très bien avec un vrai rapport avec les associations de patients et une intégration européenne très concrète. Côté partenariats institutionalisés, on peut citer le partenariat Clean Aviation ou encore Key Digital Technologies qui inclut la Commission, les États membres et l’industrie », note Davide Valitutti, chargé de mission Partenariats européens à la Commission européenne.

« En réunissant des partenaires privés et publics, les partenariats européens contribuent à éviter la duplication des investissements et contribuent à réduire la fragmentation du paysage de la recherche et de l'innovation dans l'UE », ajoute Pierre Roy. « Les partenariats constituent donc un outil de mise en œuvre clé d'Horizon Europe et contribuent de manière significative à la réalisation des priorités politiques de l'UE ».

 

Le CNRS pleinement engagé dans les partenariats européens
Depuis un an, le CNRS s’est emparé du sujet. Le but : permettre, par le biais des instituts impliqués dans les partenariats thématiques, le montage de projets collaboratifs, en particulier impliquant des entreprises. « L’intérêt de la Direction des relations avec les entreprises du CNRS pour ces partenariats est croissant, l’avantage étant de participer avec la Commission européenne à l’élaboration des appels à projets pour chaque domaine, et d’être en mesure de monter plus efficacement des consortia avec des entreprises proches du CNRS dans les domaines concernés », explique Pierre Roy.

La direction a d’abord dressé un état des lieux des 49 partenariats, en commençant par cibler ceux répondant aux filières stratégiques de la DRE (énergie, automobile, eau, électronique, santé, aéronautique, cosmétique, chimie matériaux et cybersécurité). « Il a donc fallu identifier des chercheurs CNRS actifs dans ces partenariats européens, afin de mettre en place une stratégie harmonisée de participation du CNRS aux partenariats au niveau institutionnel », ajoute Pierre Roy.

Pour les partenariats où aucun chercheur CNRS n’était présent, il a fallu mettre en place une stratégie d’adhésion. Ce fut le cas pour trois partenariats en 20225. Pour cela, la DRE, et le bureau du CNRS à Bruxelles, doivent « travailler main dans la main » avec les instituts. « Les 10 instituts du CNRS voient une grande utilité à adhérer à ces partenariats et seront très actifs. C’est le cas par exemple de l’INC qui adhérait déjà au partenariat Clean Hydrogen. L'ensemble des acteurs CNRS aura une vision plus large des appels à projet émis, et anticipera mieux les projets pertinents à déposer », affirme Pierre Roy.

 

Des instituts mobilisés

À ce jour, deux instituts sont particulièrement impliqués : l’Institut de chimie du CNRS (INC) depuis plusieurs années, joue un rôle clé dans les partenariats Batt4EU6 ou Clean Hydrogen par exemple, et, plus récemment, l’Institut des sciences de l’information et de leurs interactions (INS2I).

« La stratégie européenne du CNRS incite les instituts à se mobiliser pour intégrer les partenariats européens », explique Afonso Ferreira, chargé de mission Europe de l’INS2I et ancien chargé de mission à la Commission européenne : « Nous avons établi un réseau de correspondants européens en laboratoire dont un des objectifs est de faciliter l’intégration de chercheurs du CNRS dans les associations membres des partenariats pour y faire entendre la voix de l’organisme ». Dans le cas de l’INS2I, l’institut a émis un appel à expression d’intérêt aux correspondants pour quatre partenariats (Key digital technologies, AI/Data/Robotics, Smart Network Services et EuroHPC) dans le périmètre de ses recherches et a nommé des représentants à ces partenariats.

Pour Alain Schuhl, directeur délégué à la science du CNRS, « la présence du CNRS au sein des partenariats européens est extrêmement bénéfique, car elle permettrait la visibilité de l’institution dans plusieurs domaines stratégiques européens ». De plus, elle facilite la possibilité de rentrer dans les groupes de travail pour définir et accompagner les prochaines priorités en recherche. « Le réseau qui en résulte n’est pas négligeable », souligne Afonso Ferreira. L’intérêt croissant que porte le CNRS aux partenariats est donc une bonne chose, mais il gagnerait à être encore accru dans certains domaines. C’est le cas de la santé (avec deux partenariats principaux : IHI et l’EIT Health), de l’automobile (avec les partenariats 2Zero et CCAM) ou encore de l’eau (avec le partenariat Water4All). « L’objectif est donc d’inciter les chercheurs du CNRS à se mobiliser. »

 

Trois types de partenariats :

  • Les partenariats européens coprogrammés : Il s'agit de partenariats entre la Commission et des partenaires principalement privés. La Commission implémente des appels à projet au sein d’Horizon Europe en accord avec l’industrie. Treize partenariats de ce type seront créés. Ils ont en moyenne un budget de 600 millions accordé par la Commission – une somme doublée par les partenaires industriels ; 
  • Les partenariats européens cofinancés : il s'agit de partenariats impliquant des pays de l'UE, avec des bailleurs de fonds de la recherche et d'autres autorités publiques au cœur du consortium. Seize partenariats européens cofinancés seront lancés d’ici 2024. Ils ont en moyenne un budget de 100 à 150 millions côté Union Européenne qui finance 30 % du partenariat ;
  • Les partenariats européens institutionnalisés : Il s'agit de partenariats entre l'Union, les États membres de l'UE et/ou l'industrie et sont les partenariats les plus importants de tous. Leur budget est en moyenne d’un milliard d’euros côté Commission européenne – une somme doublée par l’industrie et les États membres.

 

1 Industrie, représentants des utilisateurs, associations, autorités locales, nationales, monde académique.

2 Ils ont été d’abord introduits sous le sixième programme cadre pour la recherche et l’innovation de l’UE, FP6, avec pour objectif de surmonter la fragmentation de l'effort de recherche dans l'UE en alignant les programmes de recherche et d'innovation, en créant une masse de financement dans des domaines stratégiques et en contribuant au renforcement de l'espace européen de la recherche.

3 Les 17 objectifs de développement durable, et leurs 169 cibles forment le cœur de l’agenda 2030. Ils couvrent l’intégralité des enjeux du développement durable tels que le climat, la biodiversité, l’énergie, l’eau mais aussi la pauvreté, l’égalité des genres, la prospérité économique ou encore la paix, l’agriculture, l’éducation...

4 L’European Joint Programme on Rare Diseases (EJP RD).

5 EuroHPC (Partenariat pour le calcul à haute performance) ; 2Zero (Programme pour des véhicules et des systèmes de mobilité verts) ; CCAM (Programme pour une mobilité connecté, coopérative et automatisée).

6 Partenariat sur les batteries.