Le CNRS ouvre sa première filiale à l’étranger
Le 25 juin, le CNRS a inauguré, en présence d’Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, CNRS@Create, sa première filiale à l’étranger créée en mai. Installée à Singapour, elle permettra à l’organisme de développer des programmes internationaux de recherche de très large envergure.
Avec quatre international research laboratories
CNRS@Create a été conçu comme un opérateur de programmes et un lieu de construction de collaboration de recherche intégré au Campus for research excellence and technological entreprise (CREATE). Créé par la NRF et imaginé comme un pôle de recherche international à Singapour, CREATE développe des collaborations internationales de recherche par le financement massif de grands programmes menés entre ses partenaires. « CREATE s’apparente à un outil de financement de recherches à forts impacts potentiels pour Singapour. CREATE développera, par exemple, des programmes de recherche sur la ville, l’énergie ou encore les effets du changement climatique dont les résultats pourront trouver des applications dans d’autres pays », explique Jean-Yves Marzin, directeur de l’Institut des sciences de l’ingénierie et des systèmes du CNRS (INSIS), en charge du projet de création de CNRS@Create.
Campus international de la recherche à Singapour, la tour CREATE accueille de grandes universités singapouriennes, telle que la National University of Singapore, et ses partenaires étrangers parmi lesquels on trouve le MIT
L’unité de lieu proposée aux partenaires étrangers du programme CREATE constitue un creuset d’actions communes stratégiques pour le CNRS avec des financements importants de la NRF sur cinq ans. « Cette filiale implantée au sein de CREATE va nous permettre de créer une nouvelle synergie entre partenaires sur des thématiques clés », note Dominique Baillargeat. « De grands programmes collaboratifs impliquant en moyenne une centaine de scientifiques vont ainsi voir le jour. Ce type de collaborations nécessite une présence sur site et c’est la raison pour laquelle nous créons la filiale dès à présent, même sans programme propre », ajoute Jean-Yves Marzin.
Membre de CREATE, le CNRS, par le biais de sa filiale, ambitionne de mettre en place son premier grand programme de recherche d’ici 2021. « Le budget de CREATE jusqu’en 2020 est d’ores et déjà établi, nous profiterons donc du prochain Plan Research Innovation and Entreprise de la NRF pour proposer notre grand programme de recherche au sein de CREATE. D’ici là, nous déposerons des projets de moindre envergure dans des domaines tels que l’énergie ou encore la biologie de synthèse, avec les partenaires de CREATE », explique Dominique Baillargeat.
Le programme CREATE affiche une volonté de développer des programmes de recherche générant de la valorisation via la propriété intellectuelle ou la création de start-up. La création de la première filiale CNRS à Singapour s’inscrit donc également dans une démarche de transfert. « Le Campus for research excellence and technological entreprise a une véritable volonté de transfert de technologies. Ses programmes de recherche, basés sur l’excellence scientifique et sur les priorités de recherche de Singapour, pourront être menés en partenariat avec le tissu industriel français à Singapour puisque la grande majorité des groupes français ont des filiales singapouriennes », commente le directeur de l’INSIS.
Programmes de recherche, partenariats et transferts à Singapour, voici le programme de la première filiale à l'étranger du CNRS. CNRS@Create va s’atteler à identifier des partenaires et des contributeurs français intéressés à travailler sur des projets à Singapour pour mettre en place des programmes de recherche avec les partenaires locaux.
Dispositif interdisciplinaire, agile et réactif, cette première filiale du CNRS s’inscrit au cœur de la nouvelle stratégie internationale du CNRS. Ce modèle, plein de promesses, pourrait donner de nouvelles ambitions à l’organisme. Pour Patrick Nédellec, « CNRS@Create nous permet de développer un nouveau savoir-faire. Je la vois comme une opération pilote transférable dans d’autres pays prêts, comme Singapour, à investir massivement ».
Laurence Stenvot