Transition bas carbone : des projets variés et innovants
Retour sur les objectifs de l’appel à projet CNRS Bas Carbone avec quelques lauréats aux initiatives prometteuses.
Pour le premier appel à projet CNRS Bas Carbone, 32 projets ont été retenus, sur les 93 propositions venues de structures dont le CNRS est une tutelle principale. Avec un budget global de 225 000 euros, cet appel a pour objectif de soutenir des démarches émergentes de réduction de l’impact environnemental, autant que de renforcer des actions déjà engagées. « Nous avons favorisé des projets collectifs au sein d’une ou de plusieurs structures, qui associaient de préférence les autres tutelles des laboratoires. Nous souhaitions montrer que l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur et de recherche se mettent en ordre de marche face à ce défi pour produire des améliorations concrètes. », résume Blandine de Geyer, référente nationale « développement durable » du CNRS, rattachée à la Mission transverse d’appui au pilotage (MTAP). Les projets devaient ainsi être cofinancés à hauteur de 50 %.
Les projets retenus portent principalement sur les quatre axes thématiques – achats, énergie, mobilité et numérique – et les trois axes transverses – sensibilisation/formation, valorisation et mesure – du plan de transition du CNRS. Des projets en faveur de la biodiversité ou d’une meilleure gestion de l’eau ont également été retenus.
Réduire l’empreinte énergétique
Ainsi, les achats sont le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre du CNRS. Pour en diminuer l’impact, le plan de transition du CNRS invite à acheter moins et mieux. Exemple avec la cellule environnement de l’Institut des sciences moléculaires
L’appel à projet s’inscrit en effet dans une démarche d’expérimentation : la réalisation de chaque projet lauréat sera suivie pour collecter les retours d’expérience et favoriser l'essaimage des bonnes pratiques à l'échelle de l'établissement et de ses partenaires. Côté économie d’énergie, le projet du Centre de nanosciences et de nanotechnologies
Une mobilité plus responsable
La mobilité est aussi au cœur des préoccupations : elle représente la plus grande part (38 %) des projets déposés. Les bilans carbone des tutelles montrent en effet qu’une part importante de l’empreinte carbone des laboratoires est liée aux déplacements des agents, dont les déplacements domicile-travail. « Notre objectif est de mobiliser les personnels effectuant leur déplacement en voiture afin qu’ils puissent venir travailler à vélo, y compris à vélo à assistance électrique. Pour cela, l’appel à projet nous permet de cofinancer l’achat d’un abri vélos sécurisé et modulaire. », précise Laurence Jouniaux, directrice de recherche CNRS qui a pris en charge le projet à l’Institut Terre Environnement Strasbourg
Autre idée pour diminuer l’impact des déplacements professionnels, cette fois, comme la participation à des conférences internationales : réunir les scientifiques sur plusieurs sites accessibles en train – ce qui évite les transports transatlantiques tout en maintenant les possibilités d’interactions sociales directes indispensables au développement de carrière – et lier les différents sites par visioconférence. L’Institut d’astrophysique de Paris
Planter une mini-forêt
Quatrième axe : le numérique. « Il nous a semblé que l’impact carbone des activités numériques était non négligeable et que nous pourrions facilement trouver des leviers d’action pour agir. Mais il nous manque une estimation précise de ces impacts pour identifier les actions les plus pertinentes. », témoigne Claire Biermé, cheffe de projet Responsabilité environnementale et Transition écologique à l’Observatoire de Paris
D'autres projets portent plus globalement sur la biodiversité. Ainsi, le laboratoire Morphodynamique continentale et côtière
Une réussite
Enfin, les projets sélectionnés sont issus autant de laboratoires que des délégations régionales du CNRS. La délégation Provence et Corse a par exemple mis en place une démarche d'amélioration continue sur le thème du développement durable, le groupe de travail Carboneutre : il a déjà lancé de nombreuses actions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et accompagner les unités de la circonscription dans l’identification des leviers et des initiatives à mettre en place pour réduire leur empreinte carbone. L’appel à projets vient notamment renforcer les actions de formation et de sensibilisation de Carboneutre. « Notre objectif est de consolider la formation des référents “développement durable” des unités mais également de tous les agents des services centraux en délégation. En organisant des fresques du numérique, nous souhaitons aussi sensibiliser les correspondants informatiques des unités. », partage Virginie Blanc Schwander, référente « développement durable » de la délégation. La démarche sera aussi élargie en intégrant le recyclage et la valorisation des mégots de cigarettes, et le nombre de composteurs sera augmenté sur le site.

En matière de sensibilisation, le CNRS a par ailleurs été lauréat de l’appel à défi « innovation écoresponsable » lancé par le Commissariat général au développement durable et la Direction interministérielle de la transformation publique, pour un projet commun avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD) intitulé « Décarbonons ! Une trajectoire bas carbone pour l’Enseignement supérieur et la Recherche ».
« Le nombre et la variété des projets déposés témoignent de la dynamique en cours dans les unités. C’est une belle réussite ! », conclut Alain Schuhl, directeur général délégué à la science du CNRS et président du comité de sélection. Face au succès de ce premier appel à projet, la démarche devrait être renouvelée.