La Fondation CNRS prend son essor
Retour sur la première année de la Fondation CNRS, qui a déjà soutenu plusieurs projets scientifiques.
Une année de démarrage « intense et intéressante » pour une fondation qui vise une « recherche ambitieuse et libre ». Officiellement créée à l’occasion des 80 ans du CNRS en 2019, la Fondation CNRS est devenue opérationnelle suite à la réunion de son premier conseil d’administration
Cependant, la crise sanitaire du Covid-19 a réduit l’ambition de cette première année de fonctionnement, en rendant difficiles les échanges et la création de relations avec des personnes et entreprises. Malgré tout, « la Fondation a réussi de belles actions », notamment vis-à-vis des particuliers qui ont « répondu favorablement via le site web ». En une année, la Fondation a ainsi bénéficié de la générosité de plus de 100 donateurs particuliers, qui ont permis de soutenir trois équipes de recherche et « ne sont pas de petits montants », se félicite Michel Mortier, citant un don de 60 000 euros non fléché
Un programme ralenti par la crise
Grâce au mécénat de la CASDEN Banque Populaire, la Fondation a aussi pu soutenir deux projets de recherche en lien avec la crise du Covid-19 dès juillet 2020. « Même si nous avions encore peu de moyens, la Fondation a voulu apporter un éclairage à cette crise comme le CNRS sait le faire, à la fois en sciences ‘dures’ et en sciences humaines et sociales. » Caroline Goujon de l’Institut de recherche en infectiologie de Montpellier
La Fondation soutient également le projet Collective Science de Fabienne Cazalis, chargée de recherche CNRS au Centre d’analyses et de mathématiques sociales
Pendant cette première année d’activité, la Fondation CNRS a aussi défini son programme de reconnaissance du mécénat d’entreprises. « Cette étape importante nous permet d’aller vers les entreprises, en leur proposant une visibilité et un retour en termes de responsabilité sociale », explique le directeur. Parrainage de prix scientifiques, bourses, chaires : la Fondation démarche ainsi les mêmes entreprises que pour une recherche partenariale dans les laboratoires, mais sans contrepartie directe, notamment sur la propriété des résultats. Elle vient de signer une convention de mécénat de compétence avec Altran, leader mondial des services d'ingénierie et de R&D, société du groupe Capgemini, et le CNRS dans le cadre du projet « HUT Théâtre » de l’Institut d’électronique et des systèmes
Des fondations abritées
« Pour cette nouvelle année, nous espérons construire des relations concrètes avec les grands partenaires de recherche du CNRS », en faisant en sorte que la Fondation « trouve sa place au sein des programmes de mécénat des entreprises », même si cela peut demander du temps. Autre projet pour l’année : héberger des fondations portées par des scientifiques du CNRS.
Plusieurs fondations sous égide (voir encadré) sont ainsi en cours de développement. « Abritées » par la Fondation CNRS, elles bénéficient de ses avantages, comme la capacité à recevoir des dons et legs, tout en restant autonome d’un point de vue opérationnel. Elles sont alors un « outil adapté » pour aider des scientifiques à financer des projets qui ne peuvent se faire par le biais des laboratoires. En complémentarité de CNRS Innovation, la filière de valorisation du CNRS qui peut gérer des aspects lucratifs (création d’une start-up ou transfert vers une entreprise), la Fondation est « un bon vecteur pour accompagner des projets sans bénéfice », comme le développement de logiciels et données libres, soutenus par des dons et du mécénat. « La Fondation CNRS est au service des chercheurs et chercheuses et s’adapte aux besoins de chaque communauté », conclut Michel Mortier.
Une fondation pour préserver l’océan