Equipex+ : des équipements de haute qualité pour le meilleur niveau mondial
Imaginés par le PIA3, les EquipEx+ ont pour objectif de maintenir l’excellence et le leadership de la recherche française. Largement impliqué, le CNRS en coordonne 16.
« L’accès à des équipements scientifiques de qualité́ qui répondent aux plus hauts standards internationaux est un élément essentiel de la compétitivité́ de la recherche française », indique Alain Schuhl, directeur général délégué à la science du CNRS. C’est dans cet objectif que l’État français, au travers du Programme d’investissements d’avenir (PIA)3 a investi dans des équipements scientifiques nécessaires au maintien de l’excellence et du leadership de la recherche nationale. Cinquante-deux projets ont ainsi été retenus pour un financement total de 422 M€ dans le cadre de l’action « Équipements structurants pour la recherche : EquipEx+
Des équipements pour tenir son rang
« L’astronomie et les sciences de la Terre et de l’environnement sont des domaines très exigeants en termes d’instrumentation pointue, et qui nécessitent des investissements de long terme pour mettre en œuvre des systèmes aux performances ultimes. Il nous faut ainsi nous appuyer sur des équipements de haute qualité pour être au meilleur niveau international et tenir notre rang », souligne Sophie Godin-Beekmann, directrice adjointe scientifique à l’Institut national des sciences de l’Univers (INSU) du CNRS, institut qui porte cinq des seize EquipEx+ que coordonne le CNRS.
Parmi eux, le F-CLELT, qui consolide la contribution française aux instruments de l'Extremely Large Telescope (ELT) de l'European Southern Observatory (ESO)
Côté biologie, l’EquipEx+ France-cryo-EM
Autre exemple côté physique, le projet MAGNIFIX
Favoriser les synergies entre les équipes et entre les disciplines
Si les EquipEx+ « auront un impact majeur » sur la production scientifique et la production de nouvelles technologies, ils constituent également un « important facteur de structuration en favorisant les synergies entre les équipes et les disciplines », ajoute Alain Schuhl. C’est le cas par exemple de Terra Forma (voir encadré) en sciences du système terre-univers-environnement qui développe un réseau de capteurs intelligents à travers le territoire pour le suivi des écosystèmes. Coordonné par l’INSU, il implique huit
La science ouverte à l’honneur
« Les EquipEx+ sont des instruments stratégiques pour la recherche française. De nombreux projets coordonnés par le CNRS s’inscrivent au cœur de la politique scientifique portée par le CNRS pour la science ouverte », soutient Alain Schuhl. C’est le cas notamment de MUDIS4LS, de COMMONS
Des équipements pour stimuler la communauté
Alors que le PIA1 avait permis un effort important pour des équipements de taille intermédiaire, les EquipEx, et que le PIA2 s’était concentré sur un nombre limité d’équipements structurants pour la recherche, le PIA3 et son action EquipEx+ poursuit la volonté́ de créer de nouveaux équipements pour maintenir un leadership français dans plusieurs domaines. « Avec les EquipEx+, nous sortons de la vision purement locale des EquipEx pour aller vers des instruments qui ont vocation à servir l’ensemble de la communauté », explique Daniel Boujard. Car les EquipEx+ proposés par les établissements d’enseignement supérieur et de recherche sont majoritairement des équipements mutualisés. C’est par exemple le cas de TIRREX, infrastructure technologique pour la recherche d'excellence en robotique qui - si elle est coordonnée par le CNRS et plus particulièrement l’INS2I - implique de nombreux autres organismes. Le projet rassemble tous les acteurs majeurs de la recherche académique française en robotique tels que le CNRS, INRIA
Le CNRS est également un partenaire impliqué au sein de nombreux autres projets retenus, qu’ils soient portés par des universités ou d’autres organismes de recherche. « Nous avons mis beaucoup de forces de l’INSB et de l’INEE sur AO-EMBRC
La liste des EquipEx+ coordonnés par le CNRS :
- ADD4P : Fabrication additive de verres et composants pour la photonique
- ANVOLE : Acquisition d'un nouvel avion pour l'observation à long rayon d'action de l'environnement : un avion-laboratoire d'excellence pour l'innovation française dans la lutte contre le changement climatique et les risques naturels, l'observation spatiale de la Terre et l'aviation civile et militaire
- COMMONS : Consortium de moyens mutualisés pour des services et données ouvertes en SHS
- CONTINUUM : Continuité collaborative du numérique vers l'humain
- F-CELT : Contribution française à l'instrumentation de l'Extremely Large Telescope
- FITS : Services numériques fédérés du CNRS pour les infrastructures de recherche
- France-Cryo-EM : Instrumentation nationale en cryo microscopie électronique
- GAIA DATA : Infrastructure distribuée de données et services pour l'observation, la modélisation et la compréhension du système Terre, de la biodiversité et de l'environnement
- HALiance : HAL interoperability, accessibility and network centric environment
- MAGNIFIX : Mise au meilleur niveau global et nouvelles infrastructures françaises d'investigation aux rayons X durs
- MuDiS4LS : Espaces numériques mutualisés pour des données FAIR en biologie-santé
- NANOFUTUR : Investissements en nanofabrication pour les investissements en nanotechnologies du futur
- OBS4CLIM : Système d'observation intégré pour l'atmosphère
- PACIFICS : Initiative accélérateurs pour les futurs systèmes innovants
- TERRA FORMA : Concevoir et tester l'observatoire intelligent des territoires à l'heure de l'Anthropocène
- TIRREX : Infrastructure technologique pour la recherche d'excellence en robotique
Terra Forma : des nouveaux capteurs pour comprendre et répondre aux défis environnementaux
« Nous allons étudier des territoires marqués par l’empreinte de l’Homme, alors que nous sommes dans une période d’enjeux majeurs pour l’avenir de la planète et de questionnements sur la manière dont nous pouvons y vivre durablement », explique Laurent Longuevergne, géophysicien au laboratoire Géosciences Rennes
Cet EquipEx+, coordonné par l’INSU, implique à l’échelle nationale 150 chercheuses et chercheurs provenant de 42 laboratoires du CNRS, de INRAE
Terra Forma est bâti en lien avec les Infrastructures de Recherche (IR) RZA
A terme, cet instrument de recherche majeur aidera à mieux comprendre le fonctionnement de ces socio-écosystèmes en proie à d'intenses changements grâce à l'acquisition et la valorisation des données acquises. « Il est question ici de progresser sur les capacités prédictives des modèles, notamment pour accompagner les territoires dans leurs besoins de prospective et d’adaptation au changement climatique. Les observatoires in-situ sont des lieux de rencontre importants entre chercheurs, étudiants, citoyens, gestionnaires, où se co-construisent les savoirs pour aborder les enjeux d’aménagement du territoire, de gestion des ressources, le tout intégrant le changement climatique. »