Le CNRS bien engagé dans les domaines stratégiques européens
49 partenariats européens, négociés par la Commission européenne, les États membres et des partenaires privés, visent à relever des défis urgents par le biais d'initiatives concertées de recherche et d'innovation. Ils seront financés à hauteur de 26 milliards d’euros sur 7 ans.
« Les partenariats européens constituent un outil essentiel de mise en œuvre du programme cadre pour la recherche et l’innovation de l’Union Européenne, Horizon Europe, et contribuent de manière significative à la réalisation des priorités scientifiques de l'UE », souligne Etienne Snoeck, responsable du pôle Europe à la Direction Europe de la Recherche et des Relations Internationales (DERCI) du CNRS. « Ils sont le lieu où les recherches fondamentales soutenues dans les piliers 1 et 2 du programme Horizon Europe, peuvent trouver des retombées industrielles au bénéfice de nos sociétés ». L’objectif de ces partenariats est de faire collaborer des parties prenantes de différentes structures
49 partenariats pour relever les grands défis sociétaux de l’Europe
« Avec Horizon Europe, il y a une rationalisation de 120 à 49 partenariats. L’objectif a été d’aller vers des partenariats moins nombreux et plus larges, capables d'avoir un impact fort sur leur domaine. La nouvelle vague de partenariats européens mobilisera davantage d'investissements dédiés aux priorités de l'UE, telles que les énergies renouvelables », explique Pierre Roy, responsable Europe et financements publics collaboratifs de la Direction des relations avec les entreprises (DRE) du CNRS.
L’ambition principale pour l’UE est de dynamiser l’innovation dans des secteurs stratégiques. La majorité des partenariats a pour finalité d’accélérer la transition vers une société et une économie circulaires neutres pour le climat et de contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD
26 milliards d’euros sur sept ans
Il existe sous le programme Horizon Europe trois types de partenariats (voir encadré). La création d’un partenariat fait suite à des discussions entre la Commission européenne, les entreprises et organismes de recherche, et les États membres sur les défis stratégiques de l’Union européenne et les objectifs en recherche et innovation. Jusqu’à 26 milliards d’euros seront mis sur la table dans Horizon Europe pour financer ces partenariats européens. « Les partenariats européens sont des succès. Le partenariat sur les maladies rares
« En réunissant des partenaires privés et publics, les partenariats européens contribuent à éviter la duplication des investissements et contribuent à réduire la fragmentation du paysage de la recherche et de l'innovation dans l'UE », ajoute Pierre Roy. « Les partenariats constituent donc un outil de mise en œuvre clé d'Horizon Europe et contribuent de manière significative à la réalisation des priorités politiques de l'UE ».
Le CNRS pleinement engagé dans les partenariats européens
Depuis un an, le CNRS s’est emparé du sujet. Le but : permettre, par le biais des instituts impliqués dans les partenariats thématiques, le montage de projets collaboratifs, en particulier impliquant des entreprises. « L’intérêt de la DRE pour ces partenariats est croissant, l’avantage étant de participer avec la Commission européenne à l’élaboration des appels à projets pour chaque domaine, et d’être en mesure de monter des consortias plus efficacement avec des entreprises proches du CNRS dans les domaines concernés », explique Pierre Roy.
La direction a d’abord dressé un état des lieux des 49 partenariats, en commençant par cibler ceux répondant aux filières stratégiques de la DRE (énergie, automobile, eau, électronique, santé, aéronautique, cosmétique, chimie matériaux et cybersécurité). « Il a donc fallu identifier des chercheurs CNRS actifs dans ces partenariats européens, afin de mettre en place une stratégie harmonisée de participation du CNRS aux partenariats au niveau institutionnel », ajoute Pierre Roy.
Pour les partenariats où aucun chercheur CNRS n’était présent, il a fallu mettre en place une stratégie d’adhésion. Ce fut le cas pour trois partenariats en 2022
Des instituts mobilisés
A ce jour, deux instituts sont particulièrement impliqués : l’Institut de chimie du CNRS (INC) depuis plusieurs années, joue un rôle clé dans les partenariats Batt4EU
« La stratégie européenne du CNRS incite les instituts à se mobiliser pour intégrer les partenariats européens », explique Afonso Ferreira, chargé de mission Europe de l’INS2I et ancien chargé de mission à la Commission européenne : « Nous avons établi un réseau de correspondants européens en laboratoire dont un des objectifs est de faciliter l’intégration de chercheurs du CNRS dans les associations membres des partenariats pour y faire entendre la voix de l’organisme ». Dans le cas de l’INS2I, l’institut a émis un appel à expression d’intérêt aux correspondants pour quatre partenariats (Key digital technologies, AI/Data/Robotics, Smart Network Services et EuroHPC) dans le périmètre de ses recherches et a nommé des représentants à ces partenariats.
Pour Alain Schuhl, directeur délégué à la science du CNRS, « la présence du CNRS au sein des partenariats européens est extrêmement bénéfique, car elle permettrait la visibilité de l’institution dans plusieurs domaines stratégiques européens ». De plus, elle facilite la possibilité de rentrer dans les groupes de travail pour définir et accompagner les prochaines priorités en recherche. « Le réseau qui en résulte n’est pas négligeable », souligne Afonso Ferreira. L’intérêt croissant que porte le CNRS aux partenariats est donc une bonne chose, mais il gagnerait à être encore accru dans certains domaines. C’est le cas de la santé (avec deux partenariats principaux : IHI et l’EIT Health), de l’automobile (avec les partenariats 2Zero et CCAM) ou encore de l’eau (avec le partenariat Water4All). « L’objectif est donc d’inciter les chercheurs du CNRS à se mobiliser. »