Plus de 20 accords avec les universités et régions en 2020
Le CNRS a multiplié les conventions avec ses partenaires universitaires et régionaux l’année dernière. Ces conventions permettent de définir les modalités du partenariat, de simplifier la gestion des laboratoires, mais aussi de définir une stratégie scientifique partagée. Explications avec Virginie Bonnaillie-Noël, directrice de la direction d’appui aux partenariats publics au CNRS.
Quels sont les objectifs des conventions signées ou renouvelées entre le CNRS et les établissements de l’enseignement supérieur ?
Virginie Bonnaillie-Noël : Ces conventions, d’une durée de cinq ans, existent depuis très longtemps. Il s’agit de définir, ensemble, de grands partenariats et de grandes stratégies de recherche. Car ne l’oublions pas, la majorité des plus de 1000 unités du CNRS sont mixtes avec des établissements de l’enseignement supérieur et de recherche. La recherche publique en France repose sur ce partenariat fort entre les universités et des organismes de recherche. Dès son arrivée, le président-directeur général du CNRS, Antoine Petit a souhaité simplifier le processus de conventionnement dont les négociations prenaient jusqu’alors beaucoup de temps. Ces conventions permettent d’acter les modalités opérationnelles de fonctionnement des laboratoires avec les universités : nous nous mettons d’accord sur le fonctionnement des laboratoires par exemple les frais de gestion des contrats, la prise en charge de la valorisation dans les unités ou la question des signatures des publications…
Il s’agit également de définir une stratégie scientifique partagée. Le CNRS et ses partenaires identifient les thématiques communes et indiquent soit les grands enjeux, soit les orientations qu’ils souhaitent renforcer et développer dans les années à venir. À titre d’exemple, la convention avec La Rochelle Université mentionne le projet de co-construction d’un nouvel espace scientifique autour du Littoral Urbain Durable Intelligent.
De nombreuses conventions ont été signées en 2020, une année hors-norme ?
V. B. : L’année 2020 a vu les premiers effets de la simplification du processus de conventionnement que nous avions initié en 2019. Désormais, la trame de la convention fait une dizaine de pages et on privilégie des conventions bilatérales, ce qui rend la négociation beaucoup plus rapide. Par ailleurs, nous avons proposé à certains établissements d’adhérer à la convention négociée avec l’établissement chef de file du site. Ce dispositif permet également de gagner en efficacité.
Nous avons ainsi signé plus de 20 conventions en 2020, soit deux fois plus qu’en 2019, avec des partenaires universitaires mais aussi avec des organismes de recherche et autres entités liées à la recherche. Parmi les conventions signées sur un nouveau périmètre, on peut citer celles avec La Rochelle Université, Sorbonne université, l’université de Bretagne Occidentale, l’université de Bourgogne-Franche-Comté, CY Cergy Paris Université, l’université de Reims Champagne-Ardenne et l’université technologique de Compiègne. Nous avons également renouvelé cinq conventions avec le Collège de France, l’université de Lorraine, l’université de Strasbourg, l’université de Lille et l’université Paris Lumière.
Par ailleurs, les discussions sont très avancées avec l’université Paris Saclay, l’université de Paris, l’université de Bordeaux, l’Université de Nantes, l’Ecole polytechnique – avec laquelle nous devrions trouver un accord d’ici le milieu d’année.
De plus, nous établissons également des conventions avec de nombreuses autres Institutions académiques, que ce soit des organismes de recherche (EPST ou EPIC), Fondations comme les Instituts Pasteur ou Curie ou encore avec l’Académie des sciences ou des Technologies. Des liens contractuels sont aussi noués avec des ministères comme celui de la Justice ou de la Culture avec lesquels nous partageons des unités de recherche.
Une nouvelle politique de site a été mise en place et le CNRS s’est rapproché des régions pour en faire de véritables interlocuteurs. L’organisme établit désormais des conventions directement avec les régions…
V. B. : L’objectif fixé par Antoine Petit est de renforcer les liens avec les collectivités avec une volonté d’être partie prenante dans les discussions avec les régions. C’est notamment dans cette optique que le dispositif des directeurs scientifiques référents
En 2019, nous avons signé nos deux premières conventions avec les régions Nouvelle-Aquitaine et Ile de France. En 2020, trois nouveaux protocoles ont été signés avec les régions Pays-de-la-Loire, Hauts-de-France et Bretagne. Concernant la région Bretagne par exemple, cette convention permettra de renforcer la formation, la recherche et l’innovation dans le domaine de la cybersécurité, domaine pour lequel la Bretagne est l’une des régions les plus avancées.
Quels sont les objectifs pour l’année 2021 ?
V. B. : Nous souhaiterions réduire encore plus les délais de négociations avec les établissements et essayer d’aboutir à la signature de conventions dans les six mois qui suivent la création des unités. Ainsi, nous visons à réaliser les conventions avec les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes d’ici la fin 2021.
Nous souhaitons également poursuivre notre nouvelle politique auprès des régions. En 2021, plusieurs nouvelles conventions devraient être signées, notamment avec le Centre Val de Loire, la Normandie, Grand Est et Provence Alpes Côte d’Azur.
Enfin, nous souhaiterions finaliser le conventionnement avec certains grands organismes tel que le CEA, dont le dernier accord-cadre date de 1995, ou encore l’INRAE