« MOPGA est bien plus grand que le programme lui-même »
Alors que les projets des lauréats du programme « Make Our Planet Great Again » se terminent côté allemand, les scientifiques célèbrent une véritable réussite, tant professionnelle que scientifique.
Dans un contexte de changements globaux qui poussent les tolérances planétaires à leurs limites avec des conséquences dramatiques, la Conférence des parties 21 (COP 21) affichait en 2015 un accord universel et ambitieux. Son objectif affirmé : contenir la hausse des températures bien en deçà de 2 °C et s’efforcer de la limiter à 1,5 °C. À la suite de l’élection à la présidence américaine de Donald Trump, cet accord avait été affaibli par l’annonce d’une sortie prochaine des États-Unis.
C’est en réaction que le président Emmanuel Macron avait lancé, le 1er juin 2017, l’initiative Make Our Planet Great Again invitant des scientifiques étrangers
« Le CNRS a endossé plusieurs rôles : il a notamment dû définir et articuler les champs scientifiques concernés par l’appel, sélectionner les candidatures sur la base du CV des scientifiques, s’assurer de la mise en relation entre les candidats et les laboratoires d’accueil ou encore animer la communauté de recherche MOPGA en partenariat avec l’Allemagne », explique Stéphane Blanc, directeur de l’Institut écologie et environnement du CNRS et coordinateur du programme à son lancement.
Sur les thématiques soutenues des projets, 44 % concernaient les sciences du système Terre, 40 % le changement climatique et le développement durable, et 16 % les sciences et technologies de la transition énergétique.
Des lauréats désormais chercheurs permanents
Après un premier bilan de mi-parcours à Strasbourg en novembre 2021, la cinquantaine de lauréats et lauréates se sont retrouvés pour une conférence de clôture à Berlin en décembre 2022. L’occasion de faire un bilan sur les grandes réussites et les impacts du programme. « Pour les chercheurs et les chercheuses, MOPGA a été une vraie réussite professionnelle », souligne Brigitte Gaillard, chargée de mission du Programme prioritaire de recherche MOPGA. Et en effet, 9 lauréats ont obtenu un poste au CNRS, 5 à l’IRD
Philip Schulz, chercheur allemand résident aux États-Unis à l’époque de l’appel MOPGA en 2017, est un exemple de ces beaux parcours. « Je travaillais alors dans le laboratoire National Renewable Energy Laboratory au Colorado, mondialement reconnu pour ses recherches sur les énergies renouvelables et j’étais très déçu par les décisions du gouvernement américain de l’époque. J’ai regardé sur YouTube le discours d’Emmanuel Macron », explique le chercheur. À l’époque, il s’était déjà lancé dans des démarches pour devenir directeur de recherche au CNRS. « J’étais intéressé par l’aspect du poste permanent qu’offre le CNRS et, avec MOPGA, on me donnait des moyens de me lancer rapidement sur un projet déjà ciblé et d’avoir ma petite équipe. » Pour lui, MOPGA a été un « accélérateur énorme ». Actuellement directeur de recherche à l’Institut photovoltaïque d’Ile de France
Une publication commune à venir
Si le programme a su porter ses lauréats, il a aussi créé une réelle émulsion scientifique avec l’encadrement de 45 doctorants et 46 post-doctorants et, depuis 2018, 360 publications parues
« MOPGA est bien plus large que le programme en lui-même. Entre lauréats, nous avons créé une communauté. J’ai eu des échanges avec des scientifiques de très haut niveau et, sans MOPGA, je ne les aurais pas contactés », affirme Philip Schulz. Ce programme, inédit dans l’histoire, aura su proposer une réelle introspection dans leurs recherches à des lauréats aux sujets divers. « On nous a donné l’opportunité de découvrir d’autres sujets qui ont le même but : sauvegarder la planète. »