Trois choses à savoir sur les éclipses solaires

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Une éclipse solaire sera visible le 12 août dans le sud-ouest : un rendez-vous rare avec le ciel. Mais au-delà de l’aspect spectaculaire, que nous apprend vraiment ce phénomène ? Éric Buchlin, astrophysicien au CNRS, en explique le mécanisme et les enjeux scientifiques.

1 - Une éclipse solaire est un alignement entre Terre, Lune et Soleil

Une éclipse solaire se produit lorsque la Lune passe entre la Terre et le Soleil et masque tout ou partie de son disque. Ce phénomène est relativement rare, car les orbites de la Terre et de la Lune ne sont pas parfaitement alignées. La plupart du temps, la Lune passe au-dessus ou en-dessous du Soleil. 

Selon la position et la distance de la Lune, plusieurs types d’éclipses peuvent être observés :

  • partielle : la Lune ne cache qu’une partie du Soleil
  • annulaire : la Lune est trop éloignée et laisse apparaître un anneau lumineux
  • totale : la Lune recouvre entièrement le Soleil

Lors d’une éclipse totale, la luminosité chute brutalement, révélant des structures habituellement invisibles. On peut alors observer la couronne solaire, un halo blanc d’ordinaire noyé dans l’éclat du Soleil, ainsi que des protubérances (arches ou jets de plasma) et la chromosphère, une fine couche qui apparaît [e2] sous la forme d’un anneau rougeâtre.

2 -  Une éclipse totale n’est jamais visible partout sur Terre car elle dépend de la géométrie très précise de l’alignement.

Seule une bande étroite, appelée zone de totalité, permet d’observer une éclipse totale. En dehors de cette zone, on ne voit qu’une éclipse partielle... ou rien du tout.

Lors de l’éclipse du 12 août 2026, la totalité sera visible dans le nord de l’Espagne, notamment au Pays basque, tandis qu’en France, on observera seulement une éclipse partielle, bien que très marquée dans le Sud-Ouest. Dans des villes comme Biarritz, le Soleil sera presque entièrement masqué (plus de 99 %), mais il faudra traverser la frontière espagnole pour observer une véritable éclipse totale.

Historiquement, ce caractère localisé a fortement marqué la pratique scientifique : les astronomes organisaient de véritables expéditions d’observation, parfois vers des régions très éloignées, afin de se placer sur la trajectoire de l’éclipse et d’en étudier les effets. 

3 - Les éclipses ont longtemps été essentielles pour étudier le Soleil et en particulier sa couronne.

Avant l’ère spatiale, les scientifiques dépendaient de ces événements rares pour comprendre le Soleil. Aujourd’hui, les coronographes permettent de recréer artificiellement ces conditions. Ces instruments et d’autres types de télescopes permettent d’étudier le Soleil en dehors des éclipses.

Des observatoires placés sur Terre, autour de la Terre, ou ailleurs dans l’espace permettent de suivre le Soleil en permanence, sans interruptions liées à l’atmosphère terrestre. Mais surtout, de nouvelles missions ont marqué un tournant : des sondes comme Parker Solar Probe s’approchent désormais très près du Soleil pour réaliser des mesures directes dans le vent solaire, tandis que Solar Orbiter combine observations détaillées et exploration de régions encore mal connues, comme les pôles solaires.

Ces avancées ont deux grands types d’intérêt. D’un point de vue fondamental, elles permettent de mieux comprendre le fonctionnement des étoiles en général, les mécanismes de production d’énergie, ainsi que les interactions entre champ magnétique et plasma. Le Soleil sert ainsi de laboratoire naturel pour l’astrophysique. Ces recherches ont aussi des applications très concrètes. Elles permettent de mieux prévoir l’activité solaire et donc d’anticiper les tempêtes solaires susceptibles de perturber les satellites, les communications, le positionnement par GPS, les réseaux électriques ou encore les systèmes de navigation aérienne.

 

Éric Buchlin est astrophysicien au CNRS, où il mène des recherches sur la physique solaire. Ses travaux portent notamment sur la dynamique du plasma et les mécanismes à l’origine de l’activité du Soleil, comme les éruptions et le chauffage de la couronne. Il s’intéresse aussi à la modélisation et à l’analyse des observations pour mieux comprendre le comportement de notre étoile.