Techniques analytiques : une infrastructure de recherche d’envergure mondiale
Trois infrastructures de recherche pluridisciplinaires, pilotées par l’Institut de chimie du CNRS, vont être fusionnées début 2022, afin de rendre l’accès à leurs équipements analytiques de pointe plus simple et cohérent pour les communautés scientifiques nationales et internationales.
« Offrir les meilleurs appareils, fédérer les compétences, peser dans le paysage français et international. » Voici les objectifs mis en avant par Mehran Mostafavi, directeur adjoint scientifique Grandes infrastructures de recherche
Financées au niveau régional, national (notamment par le CNRS et le Programme d'investissements d'avenir

Ces trois réseaux présentent une structuration unique au niveau international dans le domaine des techniques analytiques. Répartis dans des laboratoires partout en France, ils rassemblent chacun plusieurs outils – les plus avancés de leur technique respective, dont on trouve des versions « de routine » plus standard dans les laboratoires. « À l’étranger, chaque université a souvent ses propres équipements, coûteux à l’achat et en maintenance : en France, grâce au CNRS qui pilote ces IR distribuées, nous avons une politique scientifique cohérente au niveau national qui permet de rationaliser les acquisitions, tout en impliquant l’ensemble des acteurs de la communauté scientifique », souligne Stéphanie Lecocq, responsable opérationnelle des IR à l’INC. Ce modèle de structuration, qui permet à la France de maintenir une position forte pour obtenir des contrats européens, commence à s’exporter : par exemple, en Espagne, un réseau national sur trois villes se met en place, rendant disponible à tous le matériel des universités concernées.
« Même si les techniques ont des approches scientifiques distinctes, elles s’adressent à des communautés proches qui ont décidé de travailler ensemble pour développer des standards communs », explique Mehran Mostafavi. Une mise en réseau qui donnera l’infrastructure fusionnée Infranalytics, un modèle unique d’infrastructure de recherche multi-technique et multi-site d’envergure nationale et internationale. Via une entrée unique, un utilisateur aura ainsi accès à l’ensemble des compétences et outils de l’IR. Ce « continuum de techniques » pourra lui ouvrir de nouveaux angles de recherche : « L’INC participe, déjà sous la bannière de l’IR fusionnée, au “Village des IR” des Rendez-vous Carnot
Mais la nouvelle IR ne se contentera pas de rassembler les anciennes infrastructures. « Agile et dynamique », elle entend évoluer pour toujours se maintenir à l’avant-garde de l’instrumentation analytique. Car l’augmentation des champs magnétiques disponibles apporte un important gain en résolution et en sensibilité, permettant par exemple d’aller « voir » plus finement la structure de molécules ou de discriminer des espèces en très faible quantité dans des mélanges complexes. Les trois parties de l’infrastructure globale devraient ainsi être améliorées d’ici 2026, grâce à une candidature à l’appel à manifestations d’intérêt ESR/EquipEx+
C’est également à Lille, au Laboratoire avancé de spectroscopie pour les interactions, la réactivité et l'environnement
Le projet représente un coût global de près de 28,5 millions d’euros, dont 8,8 millions d'euros demandés via l’EquipEx+. Résultats prévus à la fin de l'année.
Les IR en chimie
En chimie aussi, les infrastructures de recherche ont une importance cruciale. Deux IR d’envergure dans le paysage national sont ainsi pilotées par l’INC : la nouvelle Infranalytics et ChemBioFrance. À l’interface avec la biologie, cette dernière rassemble des experts et expertes dans la conception et la découverte de molécules biologiquement actives, et dans l’optimisation de leurs propriétés.
L’institut est aussi impliqué dans deux autres réseaux, le Réseau national d'accélérateurs pour l'irradiation et l'analyse des molécules et matériaux (EMIR&A) et le réseau Microscopie électronique en transmission et sonde atomique (METSA) pilotés par l’Institut de physique du CNRS.
D’autre part, les chimistes sont fortement utilisateurs de sources de lumière synchrotron et de neutrons : l’INC est donc impliqué dans le pilotage et le suivi de grandes IR comme le synchrotron Soleil, et les lignes dites « CRG » de l’ESRF et de l’Institut Laue Langevin.