Présents notamment dans les montagnes Rocheuses au Canada, ces écureuils sont des champions de l'hibernation, passant 8 à 9 mois par an en inactivité totale.© Vincent Viblanc, CNRS

Hiberner sans oublier, c’est possible chez des écureuils

Paris ,
Vivant

Si la science reconnaît que la mémoire joue un rôle essentiel pour la survie des animaux, son maintien pendant de longues périodes d’inactivité métabolique, comme l’hibernation, restait en débat. Une étude internationale, co-pilotée par des scientifiques du CNRS1, apporte aujourd’hui une réponse : des écureuils terrestres du Canada conservent leur mémoire spatiale intacte après 9 mois d’hibernation. Ces résultats sont publiés le 7 octobre 2026 dans la revue Biology Letters.

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    1 – Travaillant à l’institut pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS/Université de Strasbourg). Cette équipe se compose également de scientifiques de l’ENS Lyon et d’établissements australiens.

Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe a placé 18 individus sauvages dans un labyrinthe reproduisant un réseau de terriers naturels. Les écureuils expérimentés, ayant déjà appris à résoudre le labyrinthe avant l’hibernation, ont, dès leur premier essai après leur réveil, trouvé la sortie 44 fois plus rapidement que leurs congénères n’ayant jamais été exposés au labyrinthe. Leurs trajectoires vers la sortie étaient presque deux fois plus directes et ils ont commis deux fois moins d’erreurs que les écureuils « novices ».

Les chercheurs et chercheuses souhaitent à présent explorer si cette conservation de la mémoire s’étend à d’autres types de souvenirs, comme la reconnaissance des congénères.1

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    2 – Cette piste de recherche est rendue possible grâce à un suivi à long-terme de plus de 34 ans sur l’écologie de l’espèce dans les montagnes Rocheuses du Canada, labelisé SEE-Life3 par le CNRS. Le programme SEE-Life du CNRS structure et soutien les suivis à long-terme en écologie et évolution.

Bibliographie

Memory on ice: spatial memory is retained over a 9-month hibernation period in Columbian ground squirrels. A. Beauvieux, J. Werner, F. S.Dobson, L.Kuhn, S. Laporte, A.Olson, C. Saraux, M. Dewar, V.A Viblanc. Biology Letters, octobre 2026.
DOI : https://doi.org/10.1098/rsbl.2026.0220

Contact

Estelle Torgue
Attachée de presse CNRS