La distribution géographique des papillons impactée mondialement par le réchauffement climatique
À l’échelle mondiale, la répartition géographique d’au moins une espèce de papillon connue sur dix s’est étendue au cours des dernières décennies, aussi bien en zones tempérées que dans la zone intertropicale. Le changement climatique ou les évènements météorologiques extrêmes sont impliqués dans cette évolution pour 78% des espèces étudiées1. C’est ce que révèle la revue de littérature scientifique la plus complète à ce jour sur les changements d’aire de répartition des papillons.
Elaborée par une équipe de recherche internationale impliquant un scientifique du CNRS2, son exhaustivité repose sur l’implication d’experts locaux issus de 90 pays qui a permis d’intégrer de nombreux résultats scientifiques jusqu’alors négligés car non traduits en anglais. Ces résultats sont à paraître le 5 août dans la revue Nature Ecology & Evolution.
Ces conclusions reposent sur la compilation de 6 182 observations de changement d’aire de répartition, dont les travaux pionniers de Camille Parmesan publiés en 19993 qui ont permis de qualifier les papillons de véritables sentinelles du climat4. Au total, 1 758 espèces de papillons réparties sur 105 pays sont incluses dans l’analyse, soit 10% de la diversité connue à ce jour.
Les scientifiques insistent sur l’importance de tenir compte des travaux issus de la littérature non-anglophone et d’impliquer les acteurs locaux pour améliorer notre compréhension de la redistribution du vivant, notamment dans des zones géographiques initialement considérés comme pauvre en données.
Des travaux complémentaires sont prévus afin de qualifier et de quantifier plus précisément les directions préférentielles et les amplitudes de ces changements de distribution géographique observés.
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Lorsque les causes sont documentées.
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Travaillant au laboratoire Ecologie et dynamique des systèmes anthropisés (Université de Picardie Jules Verne).
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Poleward shifts in geographical ranges of butterfly species associated with regional warming. Camille Parmesan et al. Nature, le 10 juin 1999. Cette publication impliquait plusieurs espèces de papillons européens non migrateurs (dits sédentaires). Elle a démontré que 63 % des espèces étudiées présentaient des déplacements de leurs aires de répartition vers les pôles, en latitude. Il s’agit des premiers travaux ayant mis en évidence des changements d’aire de répartition d’espèces en réponse au changement climatique.
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Comme tous les ectothermes, les Lépidoptères (ou papillons) sont particulièrement sensibles aux variations de températures. De par l’intérêt historique des humains pour leur esthétisme, il constitue l’un des ordres d’insectes le mieux étudié dans le temps.
Extensive climate-induced range shifts in butterflies across the globe. Chowdhury S., Pe'er G., Lenoir J. et al. Nature Ecology & Evolution, le 5 août 2026.