Une nouvelle espèce de Mosasaure identifiée à Aix-en-Provence
Longtemps considérés comme exclusivement marins, les mosasaures, grands prédateurs du Crétacé, comptaient aussi des espèces d'eau douce. Une équipe de recherche menée par des chercheuses du CNRS1 vient d’en apporter la preuve avec la description d’un spécimen ayant vécu il y a environ 85 millions d’années près de l’actuelle Aix-en-Provence. Retrouvé dans un milieu lacustre, ce mosasaure de 2,5 mètres présente des caractéristiques morphologiques mixtes, terrestres et aquatiques, suggérant qu’une branche de ces prédateurs s’est adaptée aux milieux d’eau douce continentaux. Ces travaux viennent d’être publiés, le 28 septembre dans PCI Paleontology.
Contrairement aux mosasaures de pleine mer, dotés de palettes natatoires, l’analyse des restes fossiles montre que cet individu possédait plutôt des pattes, à l’image des animaux terrestres. Pourtant, plusieurs caractéristiques témoignent d’un mode de vie aquatique, notamment ses os exceptionnellement compacts. Une telle densité osseuse, qui permet de contrebalancer la poussée d'Archimède2, est une adaptation non compatible avec une locomotion terrestre. Elle aidait probablement cet individu à rester immergé lors de ses déplacements en eaux peu profondes. De plus, la présence, dans le même gisement, de fossiles d’espèces d’eau douce, notamment certains mollusques, renforce l’hypothèse que cet individu était inféodé au milieu lacustre.
Sur le plan évolutif, cette découverte révèle une diversification écologique jusqu’alors méconnue des mosasaures. Alors que ces prédateurs sont connus pour avoir dominé les océans du Crétacé supérieur3, l’identification d’un nouveau mosasaure d’eau douce à cette époque suggère qu’au moins une lignée aurait emprunté une trajectoire différente en colonisant largement les lacs et les rivières, témoignant d’une histoire évolutive bien plus complexe qu’on ne l’imaginait.
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Nathalie Bardet, chercheuse CNRS au Centre de recherche en paléontologie, Paris (CNRS/MNHN/Sorbonne Université) et Alexandra Houssaye, chercheuse CNRS au laboratoire Mécanismes adaptatifs et évolution (CNRS/MNHN). Ces travaux ont également impliqué des scientifiques du Muséum départemental du Var, du Muséum d’Histoire Naturelle d’Aix-en-Provence et de la Réserve naturelle nationale Sainte-Victoire.
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Les mammifères et reptiles marins non adaptés à une nage rapide et/ou profonde possèdent souvent des os plus compacts et plus denses que ceux des animaux terrestres. Cette densité compense en partie la poussée d'Archimède, la force exercée par l'eau qui tend à faire flotter les corps immergés. Grâce à leurs os plus denses, ils "flottent moins", plongent plus facilement, restent à la profondeur souhaitée et dépensent moins d'énergie pour se déplacer sous l'eau.
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Le Crétacé supérieur est la dernière partie de la période du Crétacé, située entre 100,5 et 66 millions d’années, marquée notamment par une grande diversification des dinosaures et leur extinction finale.
Garamaudo bauciensis, a new freshwater mosasaurid (Reptilia, Squamata) from the Santonian (Late Cretaceous) of Provence, southeastern. Bardet Nathalie, Houssaye Alexandra, Pelissier FrançoisLouis, Dutour Yves, Turini Eric, Tortosa Thierry. Science, le 28 septembre 2026.