Industrie 5.0 : le CNRS et la start-up Goupil Technology créent un laboratoire commun sur les jumeaux numériques

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À l’occasion du rassemblement BIG, l’institut Pprime et la jeune pousse Goupil Technology ont officialisé la création de leur laboratoire commun. Dédiée à la convergence entre robotique, jumeaux numériques et industrie 5.0, cette alliance illustre comment l'excellence de la recherche académique française peut être un formidable accélérateur de croissance pour une jeune entreprise deeptech.

Créée en décembre 2023, la start-up Goupil Technology réalise un tour de force : structurer, moins de deux ans après sa création, un partenariat de recherche durable avec un laboratoire du CNRS de premier plan. La signature officielle de ce LabCom baptisé TWIN4TEACH, organisée lors de l’événement BIG de Bpifrance, symbolise le franchissement d'un cap majeur pour la jeune pousse. Pour Tristan Gassies, fondateur et CEO de Goupil Technology, cette invitation s'accompagne d’une ambition claire : « Être invité à BIG pour signer ce LabCom, c'est une vraie reconnaissance de ce que nous sommes en train de faire et un parfait tremplin pour la suite ».

Du côté du CNRS, cette synergie s'inscrit dans une tradition d'ouverture et de transfert de technologies au service de l'économie. « Depuis bientôt une trentaine d'années que je travaille au CNRS, j'ai toujours eu à cœur de valoriser nos approches de recherche fondamentale sur le terrain de jeu industriel, souligne Jean-Pierre Gazeau, ingénieur de recherche CNRS, responsable de l'équipe RoBioSS au sein de l'Institut Pprime1 et directeur du LabCom T4T. C'est un plaisir de pouvoir contribuer à accompagner ces jeunes pépites, les aider à se développer, créer de l'emploi et de la valeur ajoutée. Pour le CNRS, c'est aussi une vraie fierté de savoir que nos briques scientifiques participent directement au dynamisme économique du pays. » 

Environnement de formation exploité en BUP GMP © Goupil Technology

Des verrous scientifiques au millimètre près


Au cœur du programme scientifique du LabCom se trouve un défi technologique majeur : la convergence entre monde réel et monde virtuel, matérialisée par des jumeaux numériques de nouvelle génération pour l'apprentissage et la formation professionnelle. Alors que les géants de la tech se contentent d’une précision centimétrique, l'équipe RoBioSS apporte une expertise unique capable de faire basculer la simulation en réalité étendue (XR) dans une tout autre dimension.

« Le principal verrou technologique que nous allons faire sauter grâce au laboratoire commun concerne la reconnaissance fine des mains, explique Tristan Gassies. Actuellement, les solutions du marché sont à peu près au centimètre près. Grâce au travail mené avec l'équipe de Jean-Pierre Gazeau, nous allons être capables de détecter le geste au millimètre près. Cela nous ouvre des perspectives immenses, notamment pour former aux métiers artisanaux et aux gestes manuels de haute précision. En interne, il nous aurait été impossible de réaliser cela seuls. »

Ces avancées reposent sur une maîtrise du « temps réel dur », où le jumeau numérique interagit avec des machines complexes comportant parfois plus de 50 axes à piloter simultanément. « Nous parlons de boucles de contrôle de l'ordre de la milliseconde, sans aucune latence, précise Jean-Pierre Gazeau. C'est ce qu'on appelle le hardware-in-the-loop : capter l'information, la traiter en moins d'une milliseconde et réinjecter la commande. Cette capacité à produire un avatar fidèle du comportement physique de la machine est indispensable pour sécuriser l'apprentissage d'opérateurs évoluant sur des équipements complexes. »

L'agilité start-up rencontre la caution scientifique du CNRS


L'outil LabCom, soutenu par l'ANR, offre un cadre partenarial sur une durée de quatre ans. Pour une jeune entreprise, ce dispositif désormais accessible dès un an d'existence constitue une opportunité décisive pour accélérer son développement. Il apporte une caution scientifique de premier ordre face aux donneurs d'ordres, investisseurs et industriels. « L'étiquette CNRS derrière nous nous apporte une crédibilité renforcée, confirme Tristan Gassies. Face à des prospects ou des partenaires exigeants, cette caution scientifique pèse énormément et rassure nos interlocuteurs sur la solidité de nos solutions. »

Réciproquement, l'agilité naturelle d'une start-up vient dynamiser le rythme de valorisation des découvertes académiques. « Une start-up est réactive et dynamique. Elle nous offre un terrain de valorisation extrêmement rapide pour mûrir nos prototypes et les transférer », se félicite Jean-Pierre Gazeau. Cette complémentarité permet d'accélérer le passage du laboratoire au terrain, au service d'une industrie 5.0 axée sur l'humain et la durabilité.

Préhenseur industriel TIRREX à 4 doigts (24 axes) connecté en temps réel à son jumeau numérique © Goupil Technology

Une aventure humaine guidée par une passion commune

Au-delà des algorithmes et des brevets gérés en synergie avec le service Partenariat et Valorisation du CNRS, la création du LabCom T4T repose sur de solides liens de confiance forgés depuis près de dix ans. « Avant tout, un laboratoire commun est une formidable aventure humaine, résume Tristan Gassies. Il faut être en mesure de bien s'entourer et de partager une passion commune. Avec Jean-Pierre, nous avons réussi à trouver une convergence rare entre recherche académique et impératifs industriels. » 

Un enthousiasme pleinement partagé par le chercheur du CNRS : « C'est d'abord le plaisir de travailler ensemble. Quand il y a cette rencontre humaine et ce cadre structurant, c'est tout simplement génial. La recherche et l'innovation sont des leviers puissants pour produire mieux et servir la société ». En scellant leur alliance à BIG, l'Institut Pprime et Goupil Technology prouvent que la recherche publique est plus que jamais un puissant moteur de la deeptech.

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    CNRS/Université de Poitiers/ISAE-ENSMA