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Saviez-vous que les dinosaures sont encore parmi nous et que les scientifiques ne cessent de faire de nouvelles découvertes à leur sujet ? Alors que le squelette d'un spécimen vieux de 167 millions d'années va être vendu aux enchères le 18 novembre prochain, Romain Amiot, paléontologue au CNRS, récapitule trois choses à savoir sur ces créatures du passé.
Les dinosaures sont se sont diversifiés pendant les trois périodes géologiques du Mésozoïque (Trias, Jurassique et Crétacé). Pour en savoir plus sur ces animaux fascinants, les scientifiques étudient les fossiles préservés dans les roches sédimentaires qui peuvent être des os, des dents, des traces de pas, des œufs ou encore des coprolithes (excréments fossilisés). Cependant, ces fossiles n’ont pas toujours été bien interprétés. Par exemple, au 17e siècle, Robert Plot avait surnommé un os fossilisé de dinosaure qu’il avait identifié comme ayant appartenu à un géant « scrotum humanum », pensant qu’il s’agissait de ses parties intimes pétrifiées. Deux siècles plus tard, les restes de trois « reptiles géants » inciteront Richard Owen, l’un des découvreurs, à appeler ces animaux « dinosaures », ce qui signifie « reptiles terriblement grands ». Aujourd’hui, de nouveaux outils permettent d’être toujours plus précis dans l’étude des fossiles et dans la compréhension de ces animaux.
On a d’ailleurs longtemps cru qu’ils avaient complètement disparu de la surface de la Terre. Mais suite à la découverte au début des années 2000 de dinosaures à plumes ainsi que des espèces possédant des caractéristiques intermédiaires entre dinosaures et oiseaux, les scientifiques se sont aperçus que les oiseaux sont des dinosaures qui ont évolué au sein de la lignée des théropodes. Ces derniers sont connus par le T-rex, le Velociraptor ou encore l’Allosaurus. Par conséquent les dinosaures n’ont pas tous disparus et continuent d’exister aujourd’hui à travers près de 12 0000 espèces d’oiseaux.
Il existe une grande variété d’espèces de dinosaures. Si certains étaient gigantesques (comme le T-rex de 13 mètres de long pour 6 tonnes, le Diplodocus long de 24 mètres pour environ 38 tonnes ou l’Argentinosaurusqui mesurait plus de 30 mètres de long et pesait jusqu’à 80 tonnes), la grande majorité d’entre eux étaient de petite taille (comme Compsognathus trouvé à Canjuers dans le Var ou encore Variraptor, un petit théropode également trouvé dans ce département). Parmi les descendants des dinosaures, le plus petit est le Colibri d’Elena, de la taille d’un pouce et pesant moins de 3 grammes.
Remontez le temps et imaginez des animaux colossaux, longs comme trois bus et lourds comme vingt éléphants, traversant le paysage de l’ère Mésozoïque. C’est à cette époque que la Pangée se fragmente en plusieurs continents qui dérivent. Le niveau de la mer est plus haut qu’aujourd’hui. L'Europe est un archipel d'îles et une grande partie de la France est sous l'eau. Quelques îles sur lesquelle vivent les dinosaures émergent en Bretagne, au niveau du massif central et dans le sud. C’est pourquoi on trouve de nombreux fossiles dans le sud de la France, de la Provence jusqu’au sud-ouest, mais aussi dans le Nord, en Normandie et dans le Poitou.
Le plus vieux dinosaure retrouvé en France est conservé un centre de conservation et d’études à Lons-Le Saulnier (Jura). Dans l’Ain, sur une longue piste de 140 mètres de long sont visibles les empreintes d’un immense sauropode appartenant à la lignée des titanosauriformes. Aujourd’hui plusieurs sites témoignent ainsi de l’activité des dinosaures à travers la France*.
Durant les trois périodes du Mésozoïque plusieurs changements climatiques ont eu lieu. Les climats passés (paléoclimats) sont reconstitués de nos jours grâce aux géosciences dont les outils analytiques permettent d’estimer les températures, les précipitations et les mouvements océaniques. Parallèlement, les paléontologues analysent les apparitions, disparitions ou migrations des espèces, et peuvent ainsi étudier leurs évolutions en lien avec le climat. C’est pourquoi ils s’intéressent autant à l’écologie qu’à la biologie des dinosaures (apparence, fonctionnement de l’organisme, alimentation, interactions avec l’environnement et les autres espèces) en utilisant des outils tels que :
L’interprétation des fossiles est désormais très pointue et nous apprend quelles espèces ont réussi à s’adapter aux changements climatiques passés. Cependant, si les informations recueillies sur les évolutions du climat et ses impacts sur les dinosaures apportent des éléments sur l’évolution des espèces animales à long terme, il est difficile de les transposer à la biodiversité actuelle car, à échelle équivalente, le dérèglement climatique actuel est beaucoup plus rapide.
Paléontologue et directeur de recherche au laboratoire de Géologie de Lyon, Terre, Planètes, Environnement (LGL-TPE), Romain Amiot a participé à des missions pour trouver des fossiles de dinosaures dans le sud de la France, en Afrique et Asie de l’est. Outre sa contribution à plusieurs ouvrages jeunesse sur les dinosaures, il travaille sur la capacité d’adaptation et la reproduction des dinosaures en s’appuyant sur la paléontologie systématique et la géochimie isotopique.
*Où remonter la piste des dinosaures ?
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