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La terramation consiste à transformer le corps d’un défunt en matière organique grâce à un processus proche du compostage. Présentée comme une alternative funéraire potentiellement plus écologique, cette pratique soulève encore de nombreuses questions : quels sont ses effets sur l’environnement ? Pourquoi n’est-elle pas autorisée en France ? Sacha Kacki anthropologue au CNRS décrypte cette pratique.
Qu'est-ce que la terramation, cette pratique funéraire proche du compostage ?
Pourquoi les sociétés humaines ont-elles besoin de rites autour des morts ?
Dans nos sociétés, les rites funéraires sont particulièrement importants car ils permettent de faire cohésion dans la société, en accompagnant la séparation des défunts, en permettant de les honorer et de faire face collectivement à la séparation et à la douleur que représente le décès.
Quelles sont les pratiques funéraires actuellement autorisées en France ?
En France, à l'heure actuelle, seules deux pratiques funéraires sont autorisées. D'une part, l'inhumation, c'est à dire l'enterrement du corps dans un cercueil, soit dans une fosse en pleine terre, soit dans un caveau. Et d'autre part, la crémation, c'est à dire la destruction du corps par l'action du feu.
La terramation peut-elle devenir une alternative ?
Outre l’inhumation et la crémation, d'autres pratiques dites émergentes ont vu le jour au cours des dernières années, dont la terramation, un procédé funéraire qui consiste à déposer le corps sur un lit de végétaux et à le recouvrir de végétaux de manière à ce qu'ils s'y décomposent selon un processus proche de celui du compostage. Ses partisans y voient une manière de réintégrer le corps et le décès dans le cycle du vivant.
Elle est actuellement autorisée dans quatorze États américains ainsi que dans un Land à titre expérimental en Allemagne.
Quels sont les freins vis à vis de cette pratique funéraire alternative ?
La terramation se heurte à des freins législatifs, majoritairement liés aux manques de connaissances scientifiques sur cette pratique. Nous ne sommes pas certains que cette pratique soit vraiment efficace pour dégrader le corps dans tous les environnements où elle pourrait être déployée. De plus, nous ne connaissons pas encore les éventuelles pollutions qu’elle pourrait engendrer sur l’environnement.
C'est pour cette raison que nous menons actuellement des programmes de recherche pour tester l'efficacité et l'innocuité de la terramation.
Quels seraient les avantages théoriques de la terramation par rapport à l'inhumation et à la crémation ?
La terramation permettrait une dégradation plus rapide du corps et pourrait donc résoudre la question, centrale dans nos sociétés fortement urbanisées, de la pression foncière dans les cimetières. Par ailleurs, elle serait, d'après ses partisans, plus écologique que l'inhumation et la crémation.
Y a-t-il une demande de la part de la population pour l'adoption de la terramation en France ?
D’après des enquêtes d’opinion sur cette pratique, près de la moitié des répondants seraient prêts à l'adopter pour leurs propres funérailles ou pour celles de leurs proches.
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