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Brevets et licences

Optimiser la consommation électrique des ménages

Le projet Smartlook, mené au sein du Groupe de recherche en droit, économie et gestion (Gredeg)1, en lien avec la Société monégasque de l’électricité et du gaz (Smeg), a montré comment inciter les ménages à réduire significativement leur consommation électrique.

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Réduire la consommation électrique des ménages est l'un des enjeux majeurs de la transition énergétique. Mais comment inciter les citoyens à optimiser eux-mêmes leur usage de l'énergie électrique ? Une méthode classique consiste à proposer des objectifs, par exemple de réduire sa consommation de 25 %. Mais elle n'est pas forcément efficace sur la durée. C'est pourquoi une équipe du Groupe de recherche en droit, économie et gestion a expérimenté une nouvelle approche combinant des outils comportementaux qui, jusqu'ici, n'avaient jamais été testés sur le terrain, avec des instruments classiques de fixation d'objectifs.

Le projet Smartlook, en lien avec la Smeg , a permis de réaliser cette expérimentation sur une centaine de foyers en 2019. Les outils visant à inciter les foyers à modifier leurs comportements sont des fiches de conseils — des boosts — envoyées par mail tous les quinze jours pendant plus de six mois.

Les thèmes proposés couvrent tous les aspects de la consommation électrique, avec des recommandations très pratiques sur l'éclairage (profiter de la lumière du jour, éteindre dans les pièces inoccupées, couper les appareils électriques durant les absences pour congés…), le chauffage (limiter les fuites de chaleur, dégager les radiateurs de tout obstacle…), l'usage de l'électroménager (programme Eco du lave-vaisselle, dégivrage du congélateur…), ou encore les équipements multimédia (éteindre les appareils non utilisés, débrancher les chargeurs et mettre les terminaux en mode veille…).

Les foyers monégasques ont été répartis en quatre groupes : un groupe avec des boosts et des objectifs ambitieux de réduction de la consommation d’électricité ; un autre avec des boosts et des objectifs plus modestes ; un troisième avec des boosts sans définition d’objectifs ; et enfin, un groupe dit de contrôle, sans aucun traitement ou consigne. Les résultats de cette expérience montrent une réduction de 27 % de la consommation avec des boosts et des objectifs modestes, des résultats plus mitigés avec des boosts combinés d’objectifs ambitieux (19 %) et enfin, une diminution de 17 % avec des boosts uniquement.

« Si l'on souhaite obtenir des modifications de comportements sur le long terme, il est important de ne pas fixer d'objectifs trop élevés, qui risquent d'être rapidement abandonnés », explique Nathalie Lazaric, directrice de recherche CNRS au Gredeg. D'où la nécessité, notamment pour la fixation des objectifs, de tenir compte du contexte (politique environnementale affichée par les responsables locaux, niveaux de revenus des participants, etc.).

L'équipe du Gredeg envisage maintenant d'appliquer la même méthodologie à d'autres domaines, notamment le tri et le recyclage des déchets. Comme pour la consommation électrique, l'expérimentation devra se faire avec des partenaires (opérateurs, autorités locales) mobilisés pour l'opération, et ouverts à une procédure respectant pleinement les règles scientifiques et éthiques.

1 CNRS/Université Côte d’Azur

Contact :

Nathalie Lazaric / Directrice de recherche CNRS au Gredeg / nathalie.lazaric@gredeg.cnrs.fr